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47 % des développeurs gagnent moins de 100 dollars par mois et par application

Par Samir Azzemou

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Une nouvelle étude dresse le profil des développeurs d’applications et leurs choix stratégiques. Près de 3 développeurs sur 4 choisissent Android, malgré la fragmentation du système. Plus de deux développeurs sur trois ne vivent pas de cette activité.

Les applications sont le nerf de la guerre des systèmes d’exploitation. Il suffit de regarder le destin, tragique, de Bada, Maemo et de WebOS et celui, incertain, de Tizen. Les difficultés rencontrées par tous ces OS proviennent essentiellement d’un manque d’engouement de la part des développeurs qui ne souhaitent pas s’investir dans une plate-forme sans être sûrs d’être rémunérés. Car, même si c’est « fun » de créer des applications, il faut aussi remplir le frigo.

Près d'un développeur sur deux gagne moins de 100 dollars par mois et par application

MobileVision publie régulièrement un baromètre appelé Developer Economics. La septième édition, datée du troisième trimestre 2014, dresse le portrait des 2,9 millions de développeurs d’applications (pour 2 millions d’applications) et leurs choix technologiques. Et le constat est clairement triste. D’abord parce que rares sont les développeurs à vivre de leur travail. 1 développeur iOS sur 2 et 2 développeurs Android sur 3 touchent moins de 500 dollars (le « seuil de pauvreté » symbolique) par mois et par application. 24 % ne gagnent rien (les revenus ne servent qu’à payer les frais) et 23 % touchent moins de 100 dollars par mois.

MobileVision Q3 2014

Un grand déséquilibre dans la répartition des revenus des applications

Si différentes études montrent que les revenus générés par les smartphones (boutiques applicatives et in app purchase) tendent à progresser, l’argent est concentré sur une toute petite partie des développeurs. 1,6 % des développeurs gagnent plus de 500 000 dollars par application et par mois. Ils concentrent à eux seuls 98,4 % des revenus générés par les applications. Le constat est aussi dur dans le domaine des jeux, alors que paradoxalement, ce sont eux qui rapportent le plus d’argent (80 % des revenus). 33 % des développeurs proposent des jeux, mais 57 % d’entre eux se situent en dessous du seuil de pauvreté.

Le B-to-B plus rémunérateur

Évidemment, les développeurs qui ont choisi de s’adresser aux entreprises (une minorité, 16 % seulement) gagnent mieux leur vie. La proportion de développeurs à gagner plus de 5000 dollars par mois y est deux fois plus forte. La proportion est trois fois plus forte sur la tranche des 25 000 dollars. majoritairement, il s’agit de développeurs sur iOS (et non BlackBerry qui a fortement reculé).

Proposer des applications sur plusieurs plates-formes est l’une des clés de la rentabilité. Autant, il faut choisir ses combats (Windows Phone ou pas), autant il est aujourd’hui difficile de faire l’impasse sur Android et iOS. Le nombre moyen de plates-formes supportées par les développeurs est passé de 2,9 à 2,2 en un an (1,75 si les développeurs de jeux sont exclus). 70 % des développeurs développent sur Android, 51 % sur iOS. Windows Phone est choisi par 28 % des développeurs, en progression, et Windows 8 par 18 %. 11 % développent encore sur BlackBerry (ce qui nous paraît encore énorme...). 43 % des développeurs ne ciblent qu’une seule plate-forme.

MobileVision Q3 2014

Un véritable échec économique à grande échelle ? 

Premier constat, ces chiffres montrent que les consommateurs ne veulent plus rien payer. Ils investissent déjà dans leur mobile et leur forfait. Parfois sur un abonnement à un service musical premium. Un budget déjà conséquent qu’il n’est pas possible d’augmenter avec quelques applications. Le second constat est clairement l’échec des éditeurs d’OS et des constructeurs à jouer leur rôle dans le développement de l’économie des applications. Le manque de visibilité sur les boutiques applicatives. Une maigre dotation pour amener des développeurs à participer à un concours. Un support inexistant, mais des coûts prohibitifs pour la validation et l’hébergement des contenus. 

C’est donc un vrai paradoxe : la richesse d’un OS est représentée par les applications proposées. Mais elles ne rapportent rien à leurs développeurs (ou pas assez pour en vivre). Si les consommateurs peuvent être mis en cause (l’économie de l’achat intégré a émergé parce qu’ils refusent en premier lieu d’acheter les applications), les véritables fautifs sont naturellement ceux qui se réjouissent à longueur d’année du contenu de leurs boutiques applicatives : Apple, Google, Samsung et Microsoft. N’est-il pas tant de faire quelque chose ?

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