Test du Wileyfox Storm : une bien pâle imitation du OnePlus One

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Wileyfox Storm

Après le petit Swift, c’est au tour de son grand frère, le Storm, de débarquer en France. Pour ce modèle plus grand et plus ambitieux, Wileyfox conserve ce positionnement inspiré de OnePlus, allant même jusqu’à singer plus encore son One. Pour quel résultat ? La réponse tout au long de ce test.

Avec le Storm, les Britanniques de Wileyfox n’ont certainement pas eu l’idée la plus originale : copier une autre marque pour profiter du buzz de celle-ci. Mais elle a jusqu’ici fonctionné. Avec le Swift, testé dans nos colonnes en novembre dernier, le rapprochement entre Wileyfox et OnePlus était plus qu’évident. La texture du dos de l’appareil. Le positionnement de certains éléments technologiques. Le système d’exploitation. Ce sont autant d’éléments de comparaison qui montrent que Carl Pei n’est pas le seul à pouvoir faire du OnePlus.

Wileyfox Storm prise en main

Visuellement très proche

Avec le Storm, l’inspiration est encore plus évidente. Même taille d’écran. Même définition d’écran. Des lignes ergonomiques identiques. Une texture et un coloris approchants. Et toujours Cyanogen OS pour donner vie à l’ensemble. Mais quelque chose a cloché lors de l’écriture du cahier des charges. Car, si le Swift était très agressif, le Storm nous a clairement moins bluffés. Voici quelques indications techniques :

  • dimensions : 155,6 x 77,3 x 9,2 mm
  • poids : 155 grammes
  • ratio taille / écran : 69,3 %
  • écran IPS 1080 de 5,5 pouces (résolution de 403 pixels par pouce)
  • protection de l’écran Corning Gorilla Glass 3
  • chipset Qualcomm Snapdragon 615 octo-core Cortex-A53 cadencés à 1,5 GHz
  • GPU Adreno 405
  • 3 Go de mémoire vive
  • 32 Go de stockage interne (extensibles par microSDXC)
  • batterie de 2500 mAh (non amovible)
  • compatible LTE catégorie 4, WiFi n, Bluetooth 4.0, GPS (Glonass), Radio FM
  • dual SIM (mini SIM et micro SIM)
  • capteur photo rétroéclairé 20 mégapixels Sony Exmor IMX220 avec flash LED et autofocus. Compatible Full HD en vidéo (slow-motion à 90 images par  seconde)
  • webcam 8 mégapixels avec flash LED
  • CyanogenOS 12.1 (sur une base Android 5.1.1 Lollipop)

Wileyfox Storm prise en main

Plusieurs petites remarques dans cette fiche technique. D’abord, le châssis du mobile ne permet plus de remplacer la batterie, comme nous le verrons d’ici quelques instants. Ensuite, la batterie est identique à celle du Swift, pourtant plus petit. Enfin, Wileyfox a préféré pour le Storm se fournir chez Sony plutôt que Samsung. L’ISOCELL 13 mégapixels cède donc sa place à un capteur Exmor IMX220 de 20 mégapixels. À l’avant apparaît un flash pour les selfies.

Des similitudes et quelques différences

Une fois le mobile sorti de son packaging, la première chose qui frappe, c’est la ressemblance avec le OnePlus One que nous connaissons bien à la rédaction. Si le Swift entretenait une proximité évidente, la différence de taille entre les deux finissait par les placer dans deux catégories différentes. Avec le Storm, le constat est différent, puisque les deux appareils présentent des similitudes troublantes. À l’occasion de ce test, nous avons profité de l’occasion pour réaliser une photo avec les deux téléphones. L’occasion de comparer.

Wileyfox Storm prise en main

Nous avons relevé quelques points communs. Un écran Full HD de 5,5 pouces. Une zone tactile sous l’écran pour naviguer dans les menus. Un bloc photo à l’arrière où le capteur et le flash sont solidaires. Des courbes aux angles et sur les bordures. Un aspect « Sandstone Black » pour la coque, laquelle ne se retire plus comme sur le Swift. Le Storm adopte donc un tiroir pour les deux cartes SIM (ou une SIM et une microSD).

Wileyfox Storm prise en main

Nous avons aussi remarqué quatre petites différences ergonomiques. D’abord, le haut-parleur, qui était présent sur la tranche inférieure sur le Swift comme sur le One, est déporté sur le Storm à l’arrière du mobile. Ensuite, les boutons physiques sont tous rassemblés sur la tranche de droite du Storm, alors que OnePlus les a répartis sur les deux côtés. Troisième point, nous remarquons la présence du flash pour les selfies, alors que son modèle n’en a pas. Une inclusion intéressante. Enfin, le OnePlus One est légèrement plus petit que le Storm. Le ratio taille/écran passe donc sous la barre des 70 % (contre 72 % comme le flagship killer).

Wileyfox Storm prise en main

Une impression de déjà-vu

Cependant, malgré ces quelques différences, l’impression de déjà-vu est tenace. Plus encore qu’avec le Swift, le Storm, une fois en main, apparaît comme un proche cousin de l’ancien porte-étendard chinois. Un cousin un peu plus grossier dans son approche puisque le Wileyfox est plus épais, plus grand et plus lourd. La construction est satisfaisante, hormis un détail : la protection à l’arrière du smartphone semble être en mesure de se détacher facilement. Avec le OnePlus 2, qui comporte également quelques similitudes avec le Storm, la jeune start-up chinoise utilise cette caractéristique pour proposer les « StyleSwaps ». Ici, cela ressemble davantage à un défaut (puisque Wileyfox ne propose pas un équivalent aux StyleSwaps).

Wileyfox Storm prise en main

L’écran du Storm présente des caractéristiques très classiques, même si cela n’est pas encore très courant sous la barre des 300 euros. L’écran, fourni par LG, présente une dalle IPS Full HD de 5,5 pouces, soit une résolution de 403 pixels par pouce. Cela nous rappelle évidemment le Zuk Z1 et le OnePlus One. D’autant que l’ensemble est également protégé par une dalle en Gorilla Glass 3 de Corning. La dalle offre des caractéristiques dans la bonne moyenne : luminosité, angle de vision, colorimétrie et contraste, tout est bon.

Wileyfox Storm prise en main

Cyanogen OS : rien n'est enlevé, rien n'est ajouté

Une fois allumé, le Storm présente la même interface que le Swift. Le téléphone fonctionne sur la ROM Cyanogen OS 12.1, laquelle est basée sur Android 5.1.1 Lollipop. Nous retrouvons donc le menu application avec classement alphabétique, le sélecteur de thèmes (avec ceux de Wileyfox préchargés, évidemment) et les quelques outils de paramétrages additionnels implémentés par Cyanogen (comme les profils de performances).

Wileyfox Storm interface Wileyfox Storm interface

La panoplie des applications Android « stock » est présente, accompagnée par les logiciels de Google et les ajouts de Cyanogen. Parmi ces derniers, nous retrouvons avec plaisir AudioFX, File Explorer, Boxer, la galerie de Cyanogen OS, etc. Contrairement au Swift, le Storm ne propose pas Bing comme moteur de recherche par défaut du navigateur Web « stock » présent dans le téléphone. Il faut activer manuellement cette fonction (et donc choisir entre Microsoft, Yahoo ou Google... quel suspense !).

Wileyfox Storm interface Wileyfox Storm interface Wileyfox Storm interface
Galerie, AudioFX et Boxer

Derrière une proposition applicative relativement dépouillée (où les logiciels inutiles sont donc assez peu nombreux), le système ne parvient cependant pas à offrir une fluidité parfaite. Contrairement au Swift, le Storm est en effet victime de ralentissements, notamment au niveau des sollicitations de l’écran tactile. En cause, selon notre opinion, le décalage entre les besoins de l’écran (Full HD) et les capacités réelles du chipset (Snapdragon 615). Malgré sa propension à tirer le meilleur d’une plate-forme, Cyanogen OS ne parvient pas ici à gommer les quelques petits défauts techniques tenaces.

Bien, mais pas top...

Nous en voulons pour preuve les résultats des benchmarks dont vous pouvez retrouver ci-dessus et ci-dessous les résultats. Sur AnTuTu, il frôle les 33000 points. Sur Geekbench, il réalise 660 points en single-core et 2552 points en multi-core. Sur Quadrant, il réalise 21 047 points. Sur Basemark, il parvient à 877 points. Et sur 3DMark, son Adreno 405 s’offre un score mitigé : 7536 points. Pour un mobile commercialisé en début d’année 2016, cela correspond davantage à des scores de plates-formes entrée de gamme sous MediaTek MT6753.

Wileyfox Storm performance Wileyfox Storm performance Wileyfox Storm performance
AnTuTu, Basemark et Geekbench

Comparons avec d’autres plates-formes sous Snapdragon 615. Pour ce faire, nous avons choisi le Xperia M4 Aqua, l’un de nos chouchous, le Oppo R5, le Moto X Play de Motorola et le Blade S6 de ZTE. Nous avons également ajouté à ce comparatif le OnePlus One, puisqu’il est visiblement la source d’inspiration du Storm. Vous remarquerez un détail parmi cette sélection de téléphones, le Storm est le seul à accompagner de 3 Go de RAM le Snapdragon 615. Il est également le seul, avec le Moto X Play, à proposer un écran 1080p.

Wileyfox Storm performance Wileyfox Storm performance Wileyfox Storm performance
GFXBench, 3DMark et Quadrant

La comparaison est intéressante, car le Storm est généralement en seconde position derrière le Xperia M4 Aqua de Sony. Ce dernier distance tous les autres produits du marché. Le modèle de Wileyfox est clairement second. Les modèles de Motorola, Oppo et ZTE  sont généralement derniers. Quant au OnePlus One, il obtient des scores deux fois plus élevés en moyenne que ceux du Storm... Un mot enfin sur la batterie : elle est évidemment moins bonne que sur le Swift, puisque les deux mobiles disposent de la même capacité. Durant nos tests, l’autonomie n’a pas franchi le seuil de la journée.

Pas si convaincant en multimédia

En multimédia, l’association du Snapdragon 615 avec un écran Full HD a quelques conséquences. D’abord en jeu vidéo, les ralentissements sont plus nombreux, même si, visuellement, le résultat est qualitatif. Des ralentissements qui sont aggravés par une dalle Gorilla Glass moins lisse et moins réactive qu’à l’accoutumée. Une première dans nos tests, et c’est un peu dommage. Dead Trigger 2 règle de lui-même la qualité des graphismes au plus bas, ce qui n’est évidemment pas bon signe. Cependant, le jeu reste jouable, mieux qu’avec d’autres milieu de gamme sous MediaTek avec GPU ARM.

Wileyfox Storm multimedia

Côté vidéo, pas de changement du côté de Cyanogen OS : le lecteur vidéo est toujours basé sur celui d’Android « stock », incompatible avec les sous-titres, le chapitrage ou encore les pistes audio multiples. Il est donc fortement conseillé de se rendre sur le Play Store pour télécharger une alternative digne de ce nom. D’autant que, parmi les trois usages multimédias sur lesquels nous nous focalisons régulièrement, la lecture de vidéo est celui qui sied le plus au Storm, grâce à ce grand écran Full HD de 5,5 pouces. Notez que le choix de déporter le haut-parleur au dos de l’appareil étouffe considérablement la capacité sonore du téléphone. Il n’y aura jamais mieux que des haut-parleurs en façade, même mono...

Wileyfox Storm multimedia

Pas si mal en photo

Nous en venons à la photo. L’application photo, développée par Cyanogen et mise à jour à l’occasion du passage à Lollipop, est strictement identique à celle du Swift. Nous vous conseillons donc de jeter un oeil sur le test de ce dernier pour avoir un aperçu de ses fonctionnalités (le mode manuel avec quelques contrôles supplémentaires apporte une fois encore des possibilités étendues). Nous nous concentrons donc sur le résultat qui est meilleur qu’attendu, avouons-le (sauf avec le mode HDR qui est non seulement inefficace, mais rate les clichés).

Wileyfox Storm multimedia
Photo prise avec le Wileyfox Storm en début de matinée

Nous vous présentons ci-dessus et ci-dessous deux photos. La première, au-dessus, a été prise le matin. Un beau soleil illumine la capitale avant que les trombes d’eau ne s’abattent durant toute la semaine. Comme vous pouvez le constater, le capteur n’a pas su réaliser une bonne balance des blancs, mais a respecté les couleurs du ciel. L’Avenue de l’Opera, en revanche, est plongée dans le noir. Nous avons été étonnés de constater que le capteur n’équilibre pas la scène, même quand l’autofocus est positionné sur la partie basse du panorama. En revanche, nous constatons une très bonne netteté.

Wileyfox Storm multimedia
Photo prise avec le Wileyfox Storm en début d'après-midi

Seconde photo : même jour, mais en début d’après-midi. Le ciel se couvre. De beaux rayons de soleil éclairent les bâtiments. Là encore, pas d’équilibre sur la lumière, la partie gauche de la scène étant nettement plus sombre que la droite. En revanche, toujours beaucoup de piqué et beaucoup de détails dans la scène. Nous nous attendions à beaucoup moins bien. C’est presque une bonne surprise.

A trop vouloir se comparer, on finit par l'être

En conclusion, le Storm est légèrement décevant, surtout après la très bonne impression laissée par le Swift. Le Storm pâtit non seulement de quelques défauts propres (plate-forme datée, ralentissement dans l’interface, batterie qui aurait pu être meilleure), mais souffre également de la comparaison avec les autres mobiles sous Cyanogen OS, dont le OnePlus One. Et même si l’appareil photo de ce dernier est pire encore que le Swift, le « flaghip killer » offre encore aujourd’hui une expérience tellement bonne que le Storm en est réduit à une pâle copie.

Wileyfox Storm prise en main
Wileyfox Storm (en haut à gauche) et OnePlus One (au centre)

Cette impression est d’ailleurs renforcée par son prix : 279 euros. À ce prix, aujourd’hui, il est possible de trouver des propositions plus qualitatives. Même dans les smartphones que nous avons cités précédemment. À commencer par le Xperia M4 Aqua qui se négocie désormais autour de 200 euros et qui offre une plate-forme plus équilibrée, plus réactive et étanche. Si vous souhaitez craquer pour un modèle comme le Storm, nous vous conseillons d’envisager le OnePlus One original, lequel est vendu 299 euros, soit une vingtaine d’euros de plus seulement. Ce smartphone, nous l’avons aimé. Et nous continuons, encore aujourd’hui.

La note de LesMobiles.com

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