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Les smartphones vont-ils tuer le journalisme en ligne ?

Par Samir Azzemou

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Une étude réalisée par l’agence de presse Reuters affirme que les modes de consommation de l’information sur les smartphones ne favorisent aucun modèle économique viable pour les médias. Les réseaux sociaux et les blogueurs sont pointés du doigt.

Comment consommez-vous l’information sur Internet ? Êtes-vous équipé d’un bloqueur de publicité comme Adblock ? Payez-vous pour l’information ? Et plus généralement, faites-vous confiance aux médias en ligne, qu’ils soient généralistes ou spécialisés ? Selon une étude du RISJ (Reuters Institute for the Study of Journalim), il semble que les Internautes, notamment ceux qui surfent sur leur smartphone, ont considérablement fait évoluer leurs moeurs et leurs habitudes en tant que lecteurs. Le constat du document découragerait deux fois n’importe quel éditeur de presse en ligne ou journaliste.

Le lecteur sur smartphone se contente de la titraille

La première dimension est celle de la confiance. Selon l’étude, les Internautes finlandais, brésiliens et allemands accordent leur confiance dans les médias en ligne à 60 %. Ce taux est divisé par deux dans des pays comme l’Espagne, l’Italie et surtout les États-Unis, où l’information est un marché considérablement important. D’où vient cette fuite de confiance ? Selon l’étude, ceci est un long cheminement dont le point de départ est les réseaux sociaux et les blogs, lesquels sont non seulement devenus les premiers agrégateurs d’informations, mais dont le contenu semble également suffire à un lectorat butineur, notamment sur un petit écran tel que celui du smartphone.

La publicité, c'est sale !

La seconde dimension, qui n'est pas exclusive à la lecture sur un téléphone, est celle de l’acceptation d’une rémunération des sites éditoriaux. Selon les conclusions de cette étude, les Internautes ne supportent pas qu’un site d’information, aussi indépendant soit-il, gagne le moindre euro. Ils ne supportent pas les publicités et activent des bloqueurs (quand ils ne sont pas activés par défaut, sans liste blanche, comme c’est le cas d’Adblock). Ils refusent de lire des articles d’information publiés à côté de contenus « sponsorisés ». Et ouvrir leur porte-monnaie est évidemment hors de question, l’économie d’Internet favorisant depuis 20 ans l’émergence de la gratuité totale. Ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer. En clair, ce sont tous les modèles économiques viables qui sont simplement refusés par une audience qu'il est devenu impossible de monétiser.

C’est d’ailleurs une spirale vicieuse et non vertueuse dans laquelle s’est installé le lectorat en ligne. En refusant de payer ou de regarder une bannière publicitaire, l'internaute participe à l’appauvrissement du journalisme sur Internet et au renforcement de l’information low-cost aux pratiques douteuses. Doute qui fait baisser la confiance, et donc l’envie de supporter les médias. Pourtant, les Internautes consomment de l’information. Peut-être plus encore qu’auparavant. Cependant, les réseaux sociaux, où pullulent fuites, rumeurs et divagations, sont aujourd’hui leur principal accès. Facebook, premier réseau social suivi de YouTube et Twitter, est la porte d’entrée vers l’information de 4 lecteurs en ligne sur 10 aujourd’hui. Normal que la confiance baisse.

Une info de qualité, ça se paie

Il y a deux grands maux dans le business de l’information aujourd’hui. D’abord, il y a culturellement une habitude de l’accès gratuit aux contenus sur Internet. Et cela a clairement créé un fossé entre les consommateurs, qui ne paient pas, et les créateurs de contenus, qui doivent bien manger chaque jour. Or, quand les médias paient moins pour chaque article, il devient évident que la qualité s’en ressent. Si vous souhaitez avoir une information globalement meilleure, il faudra évidemment faire un choix : la bannière ou la barrière. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et espérer que la crémière vous ferait un sourire.

Les Apple, Google, Facebook, Samsung, HTC et tous ceux qui valorisent leurs propres produits (Google News, Apple News, Samsung Magazine UX, HTC BlinkFeed) avec des contenus éditoriaux pourraient reverser une partie de leurs revenus. Un principe vertueux. Mais non. Ils préfèrent financer les blogs (nous allons y venir). Ou pire, créer des bloqueurs de publicité sur les mobiles, afin de boucler la boucle.

Ne pas confondre information et expression

Ensuite, il y a les blogs et les réseaux sociaux. Ce qui aurait pu être une chance pour chacun de s’exprimer est devenu la principale raison de la méfiance de tous les lecteurs face aux sites d’information. Oui, de nombreux blogueurs se financent grâce au sponsoring des marques. Non, ces blogs ne mentionnent pas systématiquement (c'est même le contraire) ces partenariats financiers, pour des raisons de confidentialité ou pour ne pas ternir leur image de « consommateur indépendant » vis-à-vis du regard des followers. Ce qui n’a jamais été du journalisme a cependant été considéré comme tel, par les annonceurs comme les lecteurs. Or, ce n’en est pas.

Le blog est un moyen d’expression, pas d’information. Vous êtes évidemment libre de penser différemment. Et les commentaires sont évidemment les bienvenus pour cela (surtout si vous avez lu jusqu’ici).

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