Google utilise la manière forte pour lutter contre la fragmentation d’Android

Par Samir Azzemou

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Il semble que Google souhaite pousser les constructeurs de smartphones à adopter plus rapidement les nouvelles versions de son OS. Et surtout, il souhaite minimiser les sorties de nouveaux produits tournant sous de vieilles versions.

Jusqu’à présent, Google a été plutôt sympa avec les constructeurs. Contrairement à Microsoft qui a d’abord tenu la bride très courte pour que Windows Phone ne finisse pas comme Windows Mobile 6.5 avant de lâcher du mou ces deux dernières années, Google a d’abord joué la carte du partenaire pas trop regardant, avant de changer son fusil d’épaule. Au CES, les bruits de couloir signifiant que la firme de Cupertino hausse le ton auprès des fabricants dénaturant trop l’interface d’Android (Samsung particulièrement) se multiplient. 

Gingerbread, Ice Cream Sandwich et Jelly Bean 4.1 obsolètes

Le tableau, que vous trouverez en fin de cet article, a été publié par le site Android Police. Nos confrères ont attendu deux semaines avant de publier ce document, attendant d’obtenir quelques confirmations auprès de sources bien informées. Car le contenu est assez stupéfiant. Il énumère les fenêtres temporelles durant lesquelles les terminaux sous Android seront validés par Google en fonction de la version de l’OS. Le tableau part de Gingerbread et va jusqu’à Kitkat. Et il semble que la fenêtre pour les versions 2.3 à 4.1 soit désormais fermée. Celle de Jelly Bean 4.2 court jusqu’au 24 avril prochain. Et celle de Jelly Bean 4.3 jusqu’au 31 juillet.

Pas la bonne version d'Android ? Pas de Google Play !

Quelle conséquence pour les constructeurs ? À partir du 1er août prochain, ils ne pourront plus valider de smartphones dotés d’une version inférieure à Kitkat. Google estime que Jelly Bean, même dans sa dernière mouture, a duré assez longtemps et que les constructeurs ont bénéficié d’assez de temps pour adopter la version 4.4.

Que peut-il se passer si un constructeur passe outre ? Il ne reçoit pas la certification de Google. Cela veut dire que le mobile ne bénéficiera pas du pack Google Mobile Service, incluant les applications Google officielles et l’accès à Google Play. C’est surtout ce dernier point qui est dissuasif, car sortir un smartphone sans boutique applicative est une perte de temps et d’argent compte tenu de la compétition que se livrent les constructeurs. Il existe bien sûr des boutiques parallèles, comme Yandex, mais elles sont moins sûres et moins fournies.

Une politique stricte difficile à soutenir pour les plus petits

En imposant des fenêtres de sortie plus strictes aux constructeurs, Google espère lutter efficacement contre la fragmentation de son système d’exploitation, c’est-à-dire la multiplication des versions et des tailles d’écran. Une lutte que Google mène pour sa communauté des développeurs pour qui la fragmentation d’Android est une difficulté supplémentaire.

Mais si les grands constructeurs éprouvent certainement quelques réticences à appliquer toutes les mises à jour compte tenu de l’investissement financier, les marques plus modestes, elles, souffriront davantage de cette nouvelle politique. Des marques comme Wiko, Archos, Doro, Thomson ou Kazam. Car d’ici deux mois, ils n’auront plus le droit de sortir un mobile sous Jelly Bean 4.2 (comme le Highway récemment annoncé par Wiko) sous peine qu’il soit banni du Play Store.

Une opportunité pour Windows Phone ?

C’est Microsoft qui pourrait sortir gagnant de cette nouvelle politique de Google. Car Windows Phone monte en puissance et devient de plus en plus séduisant pour les constructeurs et les développeurs (quitte à les draguer avec un petit chèque, selon quelques indiscrétions). De nombreuses rumeurs parlent de modèles en développement chez Samsung, Huawei, LG, Sony ou ZTE. Reste à savoir si le géant de Redmond saisira l’opportunité...

Tableau des fenêtres de validation d'Android

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