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Bientôt une application chez Apple pour passer d’iOS à Android ?

Par Samir Azzemou

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La première application d’Apple sur Android sert à transférer des données depuis un mobile Android vers un iPhone. Sous la pression des opérateurs, Apple pourrait réaliser une seconde application qui ferait le chemin inverse. Une façon de montrer patte blanche.

La position unique d’Apple et de l’iPhone pénalise certainement les opérateurs dans leurs négociations, non seulement avec la firme de Cupertino, mais aussi avec l’ensemble des autres constructeurs, même Samsung, tous moins bien considérés parce qu’ils apportent moins de valeur. Toutefois, les opérateurs pourraient avoir réussi à bouger quelques lignes. Selon le quotidien britannique The Telegraph, ils auraient fait suffisamment pression sur la marque américaine pour que celle-ci accepte de développer une application facilitant le transfert de quelques données (contacts, musiques et photos sont cités) depuis un iPhone vers un smartphone Android. Un accord qui restera confidentiel sans doute le temps qu’Apple conçoive cet outil.

Une application "Move to Android" chez Apple ?

Selon The Telegraph, cette négociation aurait été menée conjointement par les plus grands opérateurs européens. Parmi eux devraient se trouver Orange, Vodafone, T-Mobile ou encore Telefonica, quatre des dix plus grands opérateurs mondiaux. L’idée pour les opérateurs serait de disposer d’un argument commercial pour amener les consommateurs à adopter plus largement Android, notamment lors d’un renouvellement. Selon la source citée par The Telegraph, les opérateurs rencontreraient des difficultés à convaincre les utilisateurs d’iPhone de passer à un autre OS parce qu’il est difficile d’y transférer ses informations personnelles. L’outil de migration serait donc fait pour cela : montrer qu’il n’y a aucun risque de perte. Notez cependant que rien n’est aussi simple que cela : les messages envoyés par iMessage (et qui ne sont pas des SMS) ne seront pas concernés, les applications encore moins et il n’est pas certain que les favoris Safari le soient. Bref, ce sera un argument marketing plus qu’une véritable solution technique.

Move to iOS
Move to iOS

Alors, pourquoi Apple a décidé de se prêter au jeu ? Car, aujourd’hui, même si les opérateurs continuent de représenter 50 % du volume de ventes de smartphones (et certainement bien plus sur le haut de gamme), Apple a toujours eu tendance à ne pas céder dans les négociations avec ses partenaires (notamment du temps de Steve Jobs). Attitude renforcée par les bons chiffres de ventes des deux dernières générations d’iPhone (contrairement à la concurrence). Cependant, il y a un intérêt majeur pour Apple : faire bonne figure devant la Commission européenne. En effet, Apple est souvent taxé de créer un système fermé dont il est difficile de sortir. En développant cette application, Apple démontrerait qu’il ne force pas la main des consommateurs quand il s’agit de choisir une marque lors d’un renouvellement. Et il éviterait ainsi des enquêtes longues, fastidieuses et indiscrètes de la Commission.

Une application de relation publique

D’autant que, très clairement, la proportion des consommateurs dont la fidélité serait forcée par la crainte de perdre des données ne semble pas si élevée. Le taux de satisfaction de la marque Apple est l’un des meilleurs (sinon le meilleur) dans toute l’industrie mobile. Les risques de fuite seraient limités. Créer cet outil ne serait donc pas pénalisant. Au contraire, certains estiment même qu’une telle application pourrait attirer sur iOS des consommateurs qui en avaient justement peur à cause de l’apparente fermeture. Un joli coup double. 

Et pourtant, Move to iOS, la première application d’Apple sur Android, qui permet de transférer des données d’un mobile sous Android vers un iPhone, prouve que le passage d’un OS à un autre (et nous ne parlons pas spécifiquement d’Android et iOS, mais aussi de BlackBerry OS, de Windows Phone / 10 Mobile, de Tizen, etc.) reste complexe, incomplet et inadapté aux conditions d’achat des applications et des contenus dématérialisés. Si vous achetez un jeu sur BlackBerry World, rien ne confirme qu’il existe sur iOS. Et même s’il existe, il vous faudra le racheter. C’est donc de la poudre aux yeux. Mais les opérateurs, les consommateurs et les membres de la commission européenne trouveront que le geste est positif. Et c’est cela qui compte. Surtout pour Apple.

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