Le jeu mobile enfin pris au sérieux grâce à Pokemon Go ?

Par Samir Azzemou

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pokemon go

Des dizaines de millions de téléchargements, des centaines d’articles dans la presse, une montée en flèche à la Bourse pour Nintendo : il n’en fallait pas moins aux acteurs traditionnels du jeu vidéo, notamment leur syndicat représentatif, pour prendre la mesure du potentiel du jeu mobile. Il était temps.

Depuis près de deux ans, le SELL (syndicat des éditeurs de logiciels de loisir, en d’autres termes de jeux vidéo) édite un livre blanc trimestriel censé donner une image du marché français du jeu vidéo. Dans ce livre blanc, deux segments sont largement commentés, notamment en terme d’importance, de chiffre d’affaires, de consommateurs ou de produits disponibles : le jeu sur PC et le jeu sur console (portable ou salon). Des études très riches en information, mais qui occultent presque totalement le segment du jeu mobile, malgré le fait que certains des éditeurs de jeu sur téléphone sont membres du syndicat.

Pokemon Go

Un avant et après Pokemon Go

Autre détail intéressant : les éditeurs de jeu sur mobile (ainsi que les concepteurs des smartphones sur lesquels fonctionnent ces applications ludiques) sont pratiquement absents du grand rendez-vous français (voire européen) du jeu vidéo : la Paris Games Week. Et pourtant, nul ne peut aujourd’hui ignorer l’engouement du jeu sur téléphone, mais aussi l’argent que cela représente. Plusieurs phénomènes ont même cassé quelques codes pour montrer qu’il ne s’agit pas d’une sous-catégorie du jeu vidéo : Angry Birds, Candy Crush Saga et Clash of Clans.

Mais il aura certainement fallu attendre Pokemon Go pour changer vraiment les mentalités. Le SELL a publié aujourd’hui, à l’occasion du lancement en France de Pokemon Go (lequel n’est toujours pas accessible sur les boutiques françaises à l’heure où nous écrivons ces lignes), un communiqué de presse pour s’associer à ce phénomène qui touche la planète entière (peut-être avez-vous remarqué que certains collègues passent plus de temps sur leur mobile depuis deux semaines ?). Dans ce communiqué, le SELL félicite les valeurs véhiculées par le jeu (découverte de l’environnement en stimulant la curiosité, usage intelligent des technologies, etc.), lequel participe à une démocratisation de la pratique vidéoludique.

Un jeu intelligent si on y joue intelligemment

Le syndicat en profite aussi pour rappeler les bonnes pratiques pour profiter pleinement de ce jeu, mais également des autres : ne pas jouer derrière le volant, ne pas rester le nez collé à l’écran en marchant et respecter l’environnement (ne pas rentrer dans un jardin privé ou exulter dans un lieu commémoratif, par exemple, même si le Pikachu que vous avez attrapé est rare et puissant). De bonnes pratiques que nous encourageons également.

Il est cependant dommage qu’il ait fallu attendre Pokemon Go pour supposer une prise de position en faveur du jeu mobile. Et même, le SELL ne rappelle à aucun moment qu’il s'agit d’un jeu sur smartphone. Le syndicat l’englobe tout simplement dans l’univers du jeu et de la pop-culture, alors qu’il s’agit simplement du meilleur lancement d’un jeu mobile depuis l’arrivée des téléphones intelligents. Et c’est bien dommage. Cependant, nous ne boudons pas notre plaisir de voir un jeu mobile monopoliser l’attention des médias. Espérons que cela aura un impact positif sur une meilleure représentativité de ce segment.

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