Interdiction du smartphone au lycée : ce qui change dès le 1er septembre 2026

C’est une mesure annoncée comme « absolument majeure » pour les élèves. Oui, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a officialisé une interdiction totale du téléphone portable au sein des lycées à compter de la rentrée prochaine, soit le 1er septembre 2026. Un tournant radical pour la vie scolaire et les pratiques numériques des adolescents.

Rémi Deschamps - publié le 19/06/2026 à 12h15
Meuble mural transparent contenant des smartphones éteints dans un couloir de lycée avec des élèves discutant.

Le 17 juin sur Franceinfo, le ministre Édouard Geffray a annoncé la future interdiction des « téléphones portables » dans les lycées à partir du 1er septembre

Jusqu’alors limitée aux écoles primaires et aux collèges, la « pause numérique » devrait donc s'étendre aux lycées de France. Cette décision, portée par le ministère de l'Éducation nationale, viserait ainsi à restaurer un climat plus propice à l'apprentissage et à la socialisation en face-à-face, comme le rapporte Le Figaro dans ses colonnes

L'objectif affiché est limpide : limiter les distractions liées aux notifications, lutter contre le cyberharcèlement en milieu scolaire et encourager les élèves à se déconnecter durant les temps de pause.

Une mesure d'envergure pour le climat scolaire

La généralisation de cette mesure à l'ensemble du secondaire marque une volonté forte de reprendre le contrôle sur le temps scolaire. Selon les précisions données par le ministre au micro de Franceinfo, l'interdiction devrait s'appliquer dans l'enceinte des établissements, tant dans les salles de classe que dans les espaces de circulation et de restauration.

Cette annonce suscite toutefois du scepticisme sur le terrain. Comme le souligne Le Café Pédagogique, le texte de loi étendant cette interdiction n'est pas encore voté par le Parlement. Les équipes de direction se retrouveraient ainsi contraintes de préparer la rentrée et de modifier les règlements intérieurs dans le flou, en misant sur une adoption incertaine du texte durant la trêve estivale.

De son côté, le ministre insiste sur le fait que cette déconnexion forcée serait essentielle pour protéger la santé mentale des jeunes, trop souvent influencée par la pression des réseaux sociaux et « l'addiction aux écrans ».

Le point « C'est pas sorcier »

Pour bien comprendre de quoi il s'agit, il convient d'apporter des précisions à l'expression « addiction aux écrans » employée dans le débat public.

Dans ses rapports d'expertise, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) précise qu'il faut distinguer la dépendance au contenant (par exemple l'objet smartphone) de la dépendance aux contenus (les jeux en ligne, les réseaux sociaux, les programmes TV, etc).

Vous pouvez retrouver les deux rapports du HCSP dédiés aux risques de l’exposition aux écrans ici :

  1. « Effets de l’exposition des enfants et des jeunes aux écrans »
  2. « Effets de l’exposition des enfants et des jeunes aux écrans (seconde partie) : de l’usage excessif à la dépendance »

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ne classe pas l'écran en soi comme une source d'addiction, mais reconnaît uniquement des pathologies comportementales spécifiques liées aux contenus interactifs, par exemple le « trouble du jeu vidéo ».

Effectivement, les recherches en psychologie et en neurosciences cliniques démontrent que ce sont les mécanismes de captation de l'attention, tels que les algorithmes de recommandation et le design des applications, qui stimulent le circuit de la récompense, et non le simple fait de regarder un écran. 

En interdisant l'accès aux smartphones au sein des lycées, la mesure gouvernementale chercherait ainsi à suspendre l'exposition des adolescents à ces sollicitations numériques interactives et stimulantes durant le temps scolaire.

Il s'agirait de redonner de la place aux échanges verbaux et à la concentration, des piliers que les équipes pédagogiques peinent parfois à préserver face à l'omniprésence des smartphones.

Mise en œuvre : quels défis pour les lycées ?

La question de l'application concrète de la loi est au cœur des débats de la presse généraliste.

  • Gestion logistique : Comment stocker quotidiennement des centaines de téléphones dans chaque établissement ?
  • Contrôle et sanctions : Quelle sera la procédure en cas de non-respect de l'interdiction par les lycéens ?
  • Exceptions pédagogiques : Les usages du smartphone à des fins éducatives ou pour les élèves en situation de handicap devront être encadrés précisément par les règlements intérieurs.

À quelques semaines de la rentrée, les chefs d'établissement s'apprêtent donc à réviser le règlement intérieur de chaque lycée pour intégrer ces nouvelles directives, si toutefois le texte de loi est bel et bien voté.

Cette période de transition sera cruciale pour expliquer aux familles et aux élèves les enjeux de cette interdiction, qui est présentée par le gouvernement comme un levier fondamental pour améliorer la réussite scolaire.

Rémi Deschamps

Rémi Deschamps

Responsable éditorial LesMobiles.com

D'abord rédacteur sur Edcom pour l'univers des télécom, et Ariase pour celui du jeu vidéo traditionnel, j’ai découvert et me suis spécialisé dans la jungle du smartphone en arrivant à la rédaction de LesMobiles. Désormais responsable éditorial, j’analyse et présente les nouveautés, pour aider chacun à mieux comprendre cet univers complexe.
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