Motorola : « nous serons la seule marque de mobiles de Lenovo en France » (interview)

Par Samir Azzemou

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motorola

Après un passage à vide considérable, Motorola fait à nouveau rêver. Avec une gamme cohérente et restreinte, le constructeur a choisi la simplicité pour ses clients. Une stratégie qui fonctionne : le Moto G est un succès et la Moto 360 est en rupture. Reste à savoir si Lenovo continuera le travail amorcé par Google. Et tout porte à croire que oui.

Un an après son retour fracassant sur le devant de la scène française, Motorola fait un premier bilan très positif. À l’heure où l’intégration du constructeur au sein du groupe Lenovo est loin d’être encore bouclée, notamment au niveau local, Motorola jouit d’une réputation revenue à son meilleur niveau. Ses produits font rêver et se vendent. Mais cela ne s’est visiblement pas fait sans mal. Plus d’un an de silence à se recroqueviller sur soi-même, c’est long dans la téléphonie mobile. Mais il n’en fallait certainement pas moins à Google pour « révolutionner » Motorola et en faire un objet de désir et une entreprise rentable.

Aujourd’hui, même si certaines figures emblématiques de Motorola ont quitté le navire, c’est la satisfaction qui se lie sur le visage des dirigeants de Motorola. À l’occasion d’une interview accordée à LesMobiles.com, Jean-Baptiste Guillemot, directeur général France, et Delphine Rolland, responsable produits, nous présentent le « nouveau Motorola ».

Jean-Baptiste Guillemot - Motorola France
Jean-Baptiste Guillemot, General Manager de Motorola France

Quelle est la situation de Motorola sur le marché français ?

Nous réalisons actuellement une croissance extrêmement forte, grâce à un travail de fond réalisé auprès des distributeurs. Nous avons consolidé notre présence dans les catalogues des sites marchands, notamment grâce au Moto G. Nous commercialisons également nos produits dans les réseaux multispécialistes, comme Darty et Boulanger. Et nous sommes de retour chez les opérateurs : chez Orange, Bouygues Telecom et pour la première fois chez Free Mobile avec le Nexus 6. Nous ne communiquons aucun chiffre, mais nous faisons plus que doubler notre part de marché valeur chaque trimestre grâce au lancement des nouveaux Moto G et Moto X.

Quel produit Motorola se vend le mieux aujourd’hui ?

La gamme G est notre best-seller depuis son lancement il y a un an. Le premier Moto G est la meilleure vente de Motorola au niveau mondial. Aujourd’hui, avec le Moto G 4G et le second Moto G, cette famille continue de réaliser d’excellents volumes, répartis équitablement entre les deux modèles. Un second produit nous offre également beaucoup de satisfaction au niveau des ventes : la Moto 360. Notre montre connectée sous Android Wear rencontre un succès que nous n’avions pas anticipé. La demande est supérieure à l’offre et nous sommes en rupture. Ce qui nous frustre et nous gêne considérablement pour nos ventes de Noël.

MOTO 360

Que pensez-vous d’Android Wear à l’heure actuelle ?

Android Wear est un système d’exploitation qui évolue rapidement. Et il continuera de s’enrichir à mesure des mises à jour et des applications. Ce qui bénéficiera à notre montre connectée. Il nous paraissait important de prendre la parole lors du lancement du système d’exploitation en juin dernier et nous sommes ravis de l’avoir fait, compte tenu des retours.

Le dernier né de la gamme est le Nexus 6, développé avec Google. Quels sont les premiers retours ?

Nous commençons à peine à le livrer, donc les retours sont encore restreints. Cependant, la période des précommandes a été bonne et le smartphone est aujourd’hui distribué en flux tendu. Même si son lancement arrive tard dans la saison, le smartphone était attendu et il complète parfaitement notre gamme par le haut. La relation entre le Moto X et le Nexus 6 est ergonomiquement évidente. Le fait que Google ait choisi de faire confiance à notre design est une belle reconnaissance.

Pour votre CEO, Rick Osterloh, le segment des mobiles vendus au-dessus des 600 dollars est voué à disparaître. Pourquoi avoir positionné le Nexus 6 au-dessus de cette barre ?

Les paroles de Rick Osterloh n’étaient pas liées au Nexus 6, que nous avons développé avec Google, mais reflétaient surtout une réflexion stratégique sur l’évolution du marché de la téléphonie mobile. Il expliquait qu’il n’est plus nécessaire aujourd’hui de vendre un smartphone au-dessus de 600 dollars pour créer de la notoriété et de l’image de marque. Les exemples de constructeurs y parvenant se multiplient aujourd’hui. Motorola s’est forgé une nouvelle réputation grâce à deux smartphones positionnés sous cette barre.

Google Nexus 6

En France, c’est avec le Moto G que vous êtes revenu, le Moto X ne devant pas être localisé. Pour quelle raison avez-vous changé d’avis ?

Moto X se veut être un smartphone offrant des interactions contextuelles poussées, notamment vocales. Au lancement du premier modèle, seule la langue anglaise était prise en charge. Et nous ne voulions pas ternir l’expérience utilisateur en ne localisant pas parfaitement tous les services du Moto X. Nous avons donc choisi de ne pas annoncer le lancement international avant de nous assurer que tout fonctionnait.

Est-ce également le cas de Moto Maker ?

Exactement. Moto Maker a été décliné en France avec le lancement du second Moto X. Nous avons mis un an avant d’être en mesure de le faire, car la logistique derrière un service de personnalisation de smartphone n’est pas la même que pour un modèle au design immuable. Nous avons dû repenser toute notre supply chain pour y parvenir. La France est l’un des quatre nouveaux pays, avec le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Mexique, a bénéficié de Moto Maker.

Pouvons nous alors espérer voir arriver le Moto Maxx en France ?

Non. Le Moto Maxx ne sera pas décliné en France. Notre gamme actuelle est complète et nous ne pensons pas la faire croître davantage.

Votre gamme compte aujourd’hui cinq modèles. Cela n’évoluera donc pas ?

Non. Quand nous avons redéfini le positionnement de Motorola, nous avons choisi de nous appuyer sur une gamme restreinte de smartphones, cinq ou six modèles pas plus, lesquels seront accompagnés par un écosystème complet d’accessoires. L’idée est d’avoir tous les ans une mise à jour matérielle pour les Moto X, G et E. Nous venons de renouveler les deux premiers. Quant au Moto E, il n'est commercialisé que depuis cet été et sera remplacé dans un deuxième temps.

Le prochain Moto E sera-t-il 4G ?

Nous n’avons pas encore pris la décision. Mais compte tenu de son positionnement et de la concurrence sur le segment autour des 100 euros, cela aurait évidemment du sens qu’il intègre un modem 4G.

Motorola Moto G

En parlant de 4G, pourquoi le second Moto G ne l’intègre pas ?

Nous n’avons pas, en France, tous les éléments qui expliquent ce choix. Plusieurs explications sont possibles au niveau international. Mais nous sommes conscients que sur le marché français, la 4G deviendra bientôt nécessaire pour proposer des smartphones sur le segment couvert par le Moto G.

Quand avez-vous prévu de déployer Lollipop en France ?

Android 5.0 arrivera sur tous nos Moto dans les mois à venir. Le second Moto X sera le premier à en bénéficier. La mise à jour sera poussée avant la fin de l’année. Tous les autres modèles attendront le début d’année prochaine.

Revenons sur les accessoires. Pourquoi y accentuez-vous vos efforts ?

Parce ce que les accessoires sont un axe stratégique de développement et un levier de croissance. Auparavant, nous ne proposions pas d’accessoires, laissant cela aux accessoiristes. Dans sa nouvelle définition de l’entreprise, Motorola propose une gamme réduite de mobiles, mais l’ensemble des produits additionnels dont le consommateur aurait besoin. Cela a commencé avec les « covers » du Moto G. et cela continue aujourd’hui avec le Power Pack micro (39,90€), Moto Hint (129€) et Keylink. C’est un grand changement pour Motorola.

Motorola Moto Hint et Power Pack micro
L'oreillette Bluetooth Moto Hint et la batterie Power Pack micro

Le nouveau Motorola, né avec Google, sera-t-il conservé par Lenovo ?

Oui. La volonté de Lenovo est de conserver la marque, le positionnement et toute l’entreprise. D’abord, la marque Motorola représentera en téléphonie mobile le groupe Lenovo sur les marchés occidentaux, dont la France. Il n’y aura donc pas de smartphones Lenovo sur le marché français. Ensuite, tout le travail fourni par Google, à savoir la culture d’un Android pur, la ligne de produits cohérente, les innovations en termes d’interaction, sera maintenu. Lenovo perpétuera la stratégie mise en place pendant un an. Une stratégie qui sera amplifiée grâce aux moyens considérables de Lenovo. De ce dernier, nous allons bénéficié d’un apport industriel considérable, grâce notamment à leur outil de production, et d’une porte ouverte sur le marché professionnel. Nous sommes aujourd'hui ensemble sur la troisième marche mondiale de la téléphonie, et l’objectif de Lenovo est d’aller chercher les deux premières.

Propos recueillis par Samir Azzemou et Stéphane Deschamps.

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