Tim Cook : le meilleur patron de tous les temps ?

Par Samir Azzemou

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Un très long, mais passionnant, portrait de Tim Cook a été publié par le magazine américain Fortune. Ce dernier dépeint un homme d’affaires lucide et un manager avisé. Mais surtout un grand leader moderne. Résumé.

Tim Cook est le chouchou des actionnaires, des analystes financiers, des cabinets-conseils, des banques d’investissement et de la presse économique. Les résultats du patron d’Apple sont dithyrambiques. Son choix d’augmenter la taille de l’écran de l’iPhone pour l’édition 2014 a été unanimement salué. Bref, c’est un opportuniste dans le bon sens du terme. Reste à savoir évidemment si ses décisions seront toujours aussi bonnes.

Tim Cook

Tim Cook est en effet attendu sur deux dossiers : le lancement de l’iWatch et l’intégration de Beats Music dans l’offre iTunes. Mais jusqu’ici, il a été avisé et s’est entouré des talents importants pour continuer d’innover. Bref, voilà le patron rêvé pour toute entreprise qui souhaite se développer. Et ce n’est pas nous qui le disons : c’est le magazine américain Fortune qui a publié un long portrait du manager où l’interessé, mais également des collaborateurs et des analystes, ont participé. Un article très intéressant qui parle autant de petits détails que de grands projets. En voici un petit résumé.

Trouver sa place. Donner le ton.

Le portrait se déroule en deux temps. Un premier qui revient sur son arrivée à la tête d’Apple succédant à l’emblématique Steve Jobs. Un second sur son engagement personnel. La première partie dépeint un patron qui a certainement eu du mal à entrer dans le personnage. Tim Cook explique qu’une fois nommé CEO, il s’est rendu compte à quel point Steve Jobs avait été un rempart pour l’ensemble de ses équipes. Et que rien ne permet de se préparer convenablement à entrer au coeur du cyclone.

Ses débuts ont été difficiles. Il lui a fallu trouver sa place. Car il n’était pas le visionnaire maniaque, mais idolâtré. De nombreux analystes ont mis en doute sa capacité d’innovation, d’adaptation et de création de valeur. Si aujourd’hui, ces questions n’ont plus lieu d’être (compte tenu des produits, comme l’iPhone 6 ou l’Apple Watch, et des résultats qu’il obtient, notamment en 2014), il a fallu prouver qu’il était l’homme de la situation. Ce qu’il a montré dès son discours offert aux employés d’Apple lors de sa nomination : « Nos meilleurs jours sont devant nous », a-t-il affirmé, pour resserrer les rangs, rassurer les équipes et s’affirmer aussi.

Un chemin différent. Un objectif qui reste le même.

Non, il n’est pas ingénieur, designer ou développeur, mais il connaît les consommateurs et il sait s’entourer des personnes capables de matérialiser les produits qui marcheront. Qualifié de coach à plusieurs reprises, Tim Cook a réussi à être le patron capable de canaliser l’énergie d’Apple et à offrir à l’entreprise la stabilité qui lui manquait. « Il n’a jamais cherché à être Steve Jobs », explique Eddy Cue. Et finalement, ni Cook, ni son management ne cherchent cela. Il participe à sa manière au grand schéma mis en place par le fondateur d’Apple. La manière est différente, mais le but est le même. Tim Cook s’attèle d’ailleurs à mettre en oeuvre le nouveau Campus d’Apple désiré par Steve Jobs...

Tim Cook n’a pas connu que des succès. L’assistant vocal Siri. L’application de navigation Apple Plans. Le partenariat avec GT Advanced Technologies. Et des doutes sont émis vis-à-vis de Beats Music, un rachat que Jobs n’aurait jamais accepté de faire. Mais il gère avec humilité. Contrairement au fondateur d’Apple qui a souvent balayé de la main les critiques (comme lors de l’affaire de l’Antennagate de l’iPhone 4). Tim Cook communique mieux avec son public (journalistes, consommateurs, actionnaires), avec plus de simplicité. Et il semble même y prendre plaisir. Et il encourage même les autres managers d’Apple, comme Eddy Cue et Jony Ive, de faire de même.

Un engagement humaniste

La seconde partie du portrait est plus personnelle. Elle parle de sa vie privée et de son engagement associatif. Il est le premier membre du classement Fortune 500 à avoir publiquement annoncé son homosexualité, alors qu’il était considéré comme l’un des patrons préservant le plus sa vie privée. Cet événement a eu l’effet d’un tremblement de terre, mais cela a aussi humanisé le personnage. Cela l’a rendu accessible. Et, contrairement à Steve Jobs, il encourage ses employés à prendre du temps pour des associations.

Son engagement personnel pour des causes humanitaires et humanistes est fort : représentation des femmes à Wall Street, égalité des races dans le sud des États-Unis, reforme de l’immigration, droits de l’homme dans le monde, respect de la vie privée, la lutte contre le SIDA. Il s’appuie sur sa propre expérience pour lutter contre l’homophobie et le harcèlement scolaire ou professionnel. Il explique qu’il aurait préféré que sa vie privée ne devienne pas publique, mais en est arrivé à la conclusion que cela pourrait aider à combattre les préjugés, les inégalités et une certaine discrimination.

Tim Cook cèdera sa fortune à un fonds

Cet engagement l’a convaincu de donner la quasi-totalité de sa fortune à des associations caritatives. Une donation qui aura lieu après avoir financé les études de son neveu actuellement âgé de 10 ans. Sa fortune personnelle s’élève à 120 millions de dollars disponibles, auxquels s’ajoutent les 665 millions en actions bloquées. Il rejoindra ainsi le clan encore trop fermé des philanthropes multimillionnaires, comme Bill Gates, Warren Buffett, Ted Turner, Michael Bloomberg ou Mark Zuckerberg.

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