Les applications Google bientôt absentes par défaut d’Android en Europe ?

Par Samir Azzemou

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La Commission européenne s’apprêterait à porter plainte contre Google pour abus de position dominante vis-à-vis d’Android. Elle reproche à la firme d’imposer aux constructeurs la préinstallation de ses applications. Ce qui nuirait à la libre concurrence.

Android est un système open source : tout le monde peut prendre le code, le modifier et développer sa propre branche pour en créer sa propre version. Nokia (pour les Nokia X) et Amazon (pour les Fire), par exemple, font partie des entreprises ayant conçu une version parallèle d’Android pour leurs propres besoins. Seulement, l’une des grandes différences entre un mobile sous un Android certifié par Google et un autre, c’est la présence du Play Store. Aujourd’hui, le succès d’un système d’exploitation dépend essentiellement de son écosystème applicatif et Google sait pertinemment que sa boutique est un argument incontournable. Ce qui a placé la firme de Mountain View dans une position dominante pour imposer la présence de certaines de ces applications : Gmail, Chrome, Maps, YouTube, etc.

Google Maps
Google Maps sera-t-il toujours préinstallé dans les mobiles Android vendus en Europe ?

La Commission européenne monte son dossier

Et cela ne plait évidemment pas à certaines entreprises qui développent des applications concurrentes. En 2013, Microsoft et Nokia ont porté plainte auprès de l’Union européenne pour pratique anticoncurrentielle. Et depuis, Android et Google sont dans le collimateur de la Commission qui cherche actuellement des documents qui lui offriraient les arguments pour formaliser une plainte contre le géant de Mountain View. Selon une indiscrétion obtenue par le groupe de presse économique Bloomberg, la Commission aurait ainsi demandé à Google de lever le secret sur certains documents afin d’inspecter ces pratiques commerciales. Et notamment les conditions d’utilisation d’Android par les constructeurs de mobile. Toutefois, la déclassification de ces documents n'amènera pas forcément la Commission à porter plainte. Mais rien ne l'en empêchera non plus...

Si l’Union européenne porte effectivement plainte, cela pourrait avoir plusieurs conséquences. La première est le paiement pur et simple d’une amende en dommages et intérêts pour les préjudices commerciaux que cette pratique aurait imposés à la concurrence (Nokia Here et Bing dans le cas présent, mais cela pourrait être étendu à Firefox, Internet Explorer, Outlook, Dailymotion, etc.). La seconde est évidemment la suppression de la suite applicative de Google des terminaux sous Android, même ceux qui sont certifiés Play Store. Une lourde conséquence économique pour la firme de Mountain View qui a toujours considéré Android comme l’une des principales portes d’entrée vers ces services en lignes (notamment le très rémunérateur moteur de recherche).

Une commission qui en a fait plié plus d'un...

Cette affaire nous en rappelle évidemment d’autres. Nous nous souvenons que Microsoft avait été condamné par la Comission européenne pour vente liée entre Windows et Internet Explorer. Le navigateur Web n’était alors plus autorisé à être préinstallé sur les ordinateurs sous Windows. De même, Intel a été condamné pour abus de position dominante et pour pratiques anticoncurrentielles. Le fondeur a écopé de la plus lourde amende de l’histoire : 1 milliard de dollars.

Rappelons également que le gouvernement russe avait tenté de débouter le Play Store des smartphones sous Android qui sont vendus dans son pays, afin de favoriser Yandex, acteur local et victime du succès de l’Américain. Cependant, l’initiative de l’agence fédérale russe de la protection de la concurrence était excessivement locale pour qu’elle ait un impact chez les constructeurs. La Commission européenne, elle, représente 28 pays.

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