Broadcom invité à monter le prix de son offre sur Qualcomm ?

Le patron de Broadcom a tenté un coup de poker historique : effectuer le plus gros achat de l’histoire des nouvelles technologies en s’emparant de Qualcomm. Mais tout n’est pas encore perdu, car plusieurs actionnaires montrent qu’ils sont prêts à discuter si le prix monte.

La Rédac LesMobiles - publié le 21/11/2017 à 11h00

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Le mariage entre Broadcom et Qualcomm est-il impossible ? Non, mais il est clairement mal engagé. Car, même si le premier, dirigé par le très ambitieux homme d’affaires d’origine malaisienne Hock Tan, dispose des fonds pour réaliser la plus importante fusion (en valeur) de l’histoire du marché technologique, le second n’est pas décidé à céder son indépendance. Le conseil de surveillance de Qualcomm a en effet voté à l’unanimité le rejet de l’offre et conseillera à ses actionnaires de faire de même.

Oui, si le prix commence par 8

Mais les actionnaires suivront-ils cette recommandation ? Oui, à ce prix. Mais si l’offre est réévaluée à la hausse, certains pourraient s’asseoir à la table des négociations. Selon un article de Bloomberg, l’un de ses actionnaires, le fonds d’investissement Artisan Global Value Found, affirme qu’il serait prêt à y réfléchir si le montant proposé par action commence par un 8. Soit un minimum de 80 dollars par action, contre 70 dollars dans l’offre initiale.

Un autre porteur d’action, Synovus Trust Corporation, affirme qu’une offre comprise entre 85 et 95 dollars pourrait le persuader de vendre ses actions. Même si ce montant représente la plus forte valorisation de Qualcomm sur les cinq dernières années (bien avant toutes les affaires d’abus de position dominante et la lutte judiciaire contre Apple), il est également 15 % au-dessus du cours actuel de Qualcomm. Rappelons que l’offre initiale de Broadcom portait sur un cours de l’action du fondeur californien particulièrement faible.

Une revalorisation (trop ?) forte

Passer de 70 à 80 dollars représenterait une augmentation considérable de 14 % minimum. Et il n’est pas certain que Hock Tan monte aussi haut son offre d’achat. En effet, l’homme d’affaires, qui a dépensé près de 300 milliards de dollars en deux ans pour créer le groupe qui s’appelle aujourd’hui Broadcom, est réputé pour être un excellent négociateur. En moyenne, il a augmenté le prix de ses offres d’achat de 6,8 %. Arriver à 80 dollars par action représenterait une hausse considérable dans cette moyenne dont il doit être assez fier. Reste donc à savoir si l’homme d’affaires relèvera son offre (ce qui est presque sûr) et jusqu’à quel point.

Il y a cependant plusieurs arguments en faveur de Broadcom. D’abord les enquêtes qui ont été menées contre Qualcomm et que nous avons relayées dans nos colonnes. Des enquêtes qui ont certainement eu pour conséquence la perte (partielle pour l’instant) de l’un de ses plus gros clients, Apple, contre qui la firme a entamé des poursuites judiciaires. Une perte qui a eu une incidence négative sur les revenus de l’entreprise. Et donc sur son cours de bourse. Les actionnaires pourraient donc être plus enclins à écouter Hock Tan que ce que Steve Mollentopf voudrait nous faire croire.

Encore un long chemin

Acquérir les parts de certains actionnaires sera certainement possible à moyen terme. Mais, malgré tout, même si les actionnaires de Qualcomm décident de vendre leurs actions, même si Hock Tan dispose des fonds à sa disposition, une prise de participation majoritaire de Broadcom n’est pas assurée, car elle devra faire l’objet d’un avis des autorités de régulation. En acquérant Qualcomm (qui est en train d’absorber le groupe néerlandais NXP), Broadcom deviendrait numéro 3 des composants dans le monde, après Samsung et Intel. Un tel bouleversement n’est donc pas sans conséquence.

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