À retenir
- Samsung cesse d'accepter les commandes de LPDDR4 et LPDDR4X, transition vers LPDDR5 prévue pour 2027.
- La LPDDR5 offre une bande passante 50% supérieure, mais son coût a plus que doublé en un an.
- La Chine, via CXMT, propose des alternatives LPDDR4X à des tarifs jusqu'à 50% inférieurs.
Vous savez peut-être que votre smartphone embarque non seulement de la mémoire de stockage mais également ce que l’on appelle de la mémoire vive. Cette dernière fonctionne avec le processeur de l’appareil pour stocker des données et permet de les avoir immédiatement à disposition, plus rapidement que celles qui sont stockées dans la mémoire classique. Or, il semble que les prochains smartphones d’entrée et de milieu de gamme qui utilisent un certain format de mémoire vive ne puissent plus y avoir accès aussi facilement.
En effet, les fournisseurs de puces tels que Qualcomm et MediaTek, encore dépendants de la LPDDR4X pour leurs SoC d'entrée et milieu de gamme, doivent adapter leurs designs. La division mobile de Samsung elle-même est touchée : des modèles comme le Galaxy A17, équipés de cette mémoire, migreront vers la LPDDR5 lors des prochaines productions. Les consoles portables bon marché et objets connectés subissent le même sort, forçant une refonte rapide des chaînes d'approvisionnement.
Une technologie plus performante mais aussi bien plus chère
Par rapport au marché actuel, où la LPDDR4X domine les appareils à moins de 200 dollars, cette bascule impose une mémoire plus performante mais aussi plus onéreuse. Concrètement, sachez que la mémoire vive au format LPDDR5 offre 6,4 Gbit/s contre 4,3 Gbit/s pour la LPDDR4X, soit une bande passante de 50% supérieure. Cependant, le prix d'un module LPDDR5X de 12 Go a plus que doublé en un an, atteignant 70 dollars selon les données du secteur, alors que la LPDDR5 de base suit une hausse tendancielle. Les analystes prévoient une multiplication par trois des coûts de LPDDR4 et LPDDR5 au deuxième trimestre 2026, impactant durement les smartphones low-cost qui pourraient voir leurs prix grimper ou leurs spécifications se dégrader.
La société Micron avait déjà notifié la fin de vie de la LPDDR4 fin 2025, tandis que SK Hynix a réduit sa production au premier semestre 2026. Les trois géants coréen et américain convergent vers la LPDDR5X et au-delà, avec Samsung présentant la LPDDR6 au CES 2026. Apple, par exemple, a absorbé un doublement des tarifs RAM pour l'iPhone 17 sans réaction, illustrant la tolérance des segments premium.
À l'opposé, les entrée de gamme, traditionnellement équipés de LPDDR4X pour équilibrer coût et efficacité, risquent une régression temporaire malgré le gain technique.

L'offensive chinoise sur le segment abordable
La Chine, via Changxin Memory Technologies (CXMT), saisit ainsi l'opportunité laissée par Samsung. Ce fabricant s'est allié à GigaDevice pour fournir LPDDR4X, DDR4 et même DDR3 à des tarifs jusqu'à 50% inférieurs au marché. CXMT vise une capacité de 300 000 wafers par mois. Un wafer, c'est une fine galette ronde de silicium ultra-pur qui sert de base pour graver des milliers de puces électroniques dessus en même temps.
D'après les analyses récentes, CXMT domine la croissance de production DRAM mobile pour 2026, grâce à une part croissante dans le LPDDR4X pour smartphones d’entrée et de milieu de gamme. Les subventions chinoises et le retrait des leaders occidentaux créent une pénurie que Pékin comble. Comparé aux offres coréennes, où les prix flambent, CXMT propose des alternatives viables financièrement pour les marques cherchant à maintenir des prix bas, comme dans les marchés émergents dominés par Xiaomi ou Transsion.