Au salon de Barcelone, Tecno a présenté un prototype de smartphone modulaire reposant sur une base de seulement 4,9 mm d’épaisseur, avec une batterie intégrée de moins de 1000 mAh. Selon la marque, cette finesse impose plusieurs compromis : l’appareil ne dispose pas de port USB-C, et la plupart des fonctions avancées s’appuient sur l’ajout de modules externes.
Le constructeur met en avant une nouvelle « Modular Magnetic Interconnection Technology », un système d’aimants et de connecteurs à la fois pour l’alimentation et pour les échanges de données.

Une zone où l’on colle les différents modules
Concrètement, la face arrière comporte une zone dédiée où les extensions viennent se fixer par un système magnétique évitant d’avoir à bricoler. Les modules utilisent des connecteurs de type pogo-pins pour l’énergie, associés à des liaisons sans fil (Wi-Fi, Bluetooth, voire ondes millimétriques selon les démonstrations) pour assurer une communication rapide avec l’élément principal. D’après Tecno, cette architecture permet de limiter la surchauffe et les pertes de performance qui avaient pénalisé certains essais de smartphones modulaires par le passé.

En effet, si vous suivez l’actualité des smartphones, cela vous rappelle nécessairement certaines expérimentations passées. Motorola avait ainsi proposé des coques Moto Mods permettant d’ajouter un projecteur ou une batterie, tandis que le LG G5 s’appuyait sur un tiroir amovible pour changer de module.
À l’inverse, le Project Ara de Google prévoyait de recomposer presque entièrement le téléphone, mais n’a jamais abouti au grand public. Ici, Tecno adopte une voie intermédiaire : la base reste fixe, seul l’arrière évolue via des accessoires intelligents, ce qui réduit la complexité tout en offrant un vrai gain fonctionnel.
Un appareil discret, comme base
Visuellement, le prototype exposé au MWC 2026 arbore des finitions en gris clair ou gris anthracite, avec des accents couleur or rose sur le contour des modules. L’appareil de base se veut discret, pensé comme une plateforme minimale pouvant rester très fine pour un usage quotidien basique (navigation, messagerie, tâches légères), puis être épaissie au besoin. Effectivement, avec une extension batterie, l’épaisseur totale se rapproche de celle d’un smartphone haut de gamme classique, tout en offrant davantage de flexibilité.
Des modules pour la photo, l’autonomie et la communication
Sur le salon, Tecno a ainsi présenté neuf modules différents couvrant plusieurs usages : photographie, autonomie, loisirs et communication hors réseau. Par exemple, les modules de batterie qui viennent se superposer à l’arrière du téléphone. En combinant plusieurs éléments, la capacité totale pourrait atteindre environ 10 000 mAh, permettant ainsi d’atteindre une autonomie record.

La partie photo n’est pas en reste. En effet, Tecno a montré des modules intégrant un objectif fish-eye, un module périscopique offrant un grossissement x3, ainsi qu’un autre conçu pour atteindre des niveaux de zoom bien plus élevés, jusqu’à l’équivalent x20 dans certaines démonstrations. Un module orienté « action cam » a également été présenté, destiné à filmer les activités sportives, avec un format plus robuste et adapté à des scènes dynamiques.

Par ailleurs, un module avec antenne intégrée est pensé pour une utilisation en mode talkie-walkie, en vue d’une bonne communication dans des zones dépourvues de réseau mobile classique.

Notez que, selon le fabricant, l’interface logicielle du smartphone reconnaît automatiquement les modules branchés et adapte l’interface, les profils d’énergie et les capacités réseau à la volée.
Reste toutefois que l’on peut se demander ce qu’il en sera de la durabilité et de la viabilité commerciale d’un tel écosystème. Les tentatives précédentes de smartphones modulaires ont souvent souffert d’un manque de suivi dans le temps, d’une hausse des coûts et d’un intérêt limité du grand public, davantage attiré par des produits « tout-en-un » ou par les smartphones pliables.
Avec ce produit, qui reste un concept avant tout mais qui a été l’une des sensations du salon, Tecno devra donc convaincre non seulement sur le plan technique, mais aussi sur la capacité à maintenir ces modules et à en proposer de nouveaux sur plusieurs années.