La première chose que l'on remarque en prenant l'un de ces trois appareils en main, c'est la qualité de la dalle. Pour son Galaxy S25 FE, Samsung joue la carte de la continuité avec un écran Dynamic AMOLED 2X de 6,7 pouces qui s'adapte entre 60 et 120 Hz selon le contenu affiché — fluide sans être gourmand. La définition Full HD+ pourra sembler modeste sur le papier, mais dans la pratique, la luminosité et la fidélité colorimétrique compensent largement ce choix de conception.
Xiaomi voit les choses en grand — au sens propre avec son Xiaomi 15T Pro. Son écran AMOLED de 6,83 pouces propose une définition 1,5K (soit 1280 x 2772 pixels) et surtout un taux de rafraîchissement LTPO adaptatif de 1 à 144 Hz : l'animation la plus fluide du trio. La luminosité maximale de 3200 cd/m² place ce panneau parmi les plus lisibles en plein soleil sur le marché, toutes gammes confondues. C'est l'écran d'un appareil à 1 200 euros, dans un téléphone nettement moins cher.
Google fait un choix différent pour le Pixel 10, plus intime. Avec ses 6,3 pouces, le Pixel 10 est le plus compact du trio — ce qui séduira les utilisateurs qui rechignent à trimballer une tablette dans leur poche. Son écran pOLED reste d'excellente facture, avec des noirs profonds caractéristiques de la technologie OLED et une gestion des couleurs très bien calibrée en sortie de boîte. Il n'égale pas l'amplitude spectaculaire du Xiaomi, mais il n'en a pas besoin : il sert avant tout de fenêtre sur un logiciel soigné.

Sous le capot, la bataille fait rage
Trois architectures, trois philosophies. Samsung embarque l'Exynos 2400 dans sa version complète — un point important, car le Galaxy S24 FE de l'an passé s'était attiré les foudres en utilisant une déclinaison bridée de la puce. Cette année, l'appareil joue franc jeu : les performances sont celles d'un haut de gamme véritable, avec en prime une accélération NPU dédiée aux fonctions Galaxy AI. L'ensemble est parfaitement maîtrisé, sans chauffe excessive ni ralentissement perceptible au quotidien.
Le Dimensity 9400+ de Xiaomi, gravé en 3 nm chez TSMC, est actuellement l'une des puces Android les plus performantes du marché. Couplé à 12 Go de RAM, il avale les tâches les plus exigeantes sans ciller — rendering 4K, jeux graphiquement intensifs, traitement d'image multi-couches.
Google a fait le pari risqué de confier le Tensor G5 à TSMC plutôt qu'à Samsung, rompant une collaboration qui durait depuis les origines de la gamme Pixel. Le gain en efficacité énergétique est réel, et le moteur d'intelligence artificielle est sans équivalent dans l'industrie. En revanche, la partie graphique a suscité des débats à la sortie : le pilote GPU livré au lancement était une version obsolète, entraînant des performances en deçà du potentiel réel de la puce. Google a promis une mise à jour corrective — une promesse tenue en partie depuis, mais qui laisse un goût amer pour les premiers acheteurs.

La photo, lequel s’en sort le mieux ?
En matière de photographie mobile, les trois appareils proposent chacun une approche distincte — et c'est là que les préférences personnelles prennent le dessus sur les chiffres. Google ne joue pas dans la même cour que ses concurrents : le Pixel 10 est une machine à photographier déguisée en smartphone. Son capteur principal Samsung GN8 de 50 mégapixels bénéficie d'un ISP entièrement conçu en interne, pour la première fois de l'histoire de la gamme. Le résultat se voit surtout en basse lumière, où l'appareil extrait des détails et une dynamique qu'aucun autre modèle à ce tarif n'approche.
Xiaomi riposte avec un argument massue : le zoom périscopique à amplification optique 5x. À ce prix, disposer d'un vrai zoom longue portée est une exclusivité que l'on ne trouve habituellement que sur des flagships dépassant les mille euros sauf chez Nothing. Le capteur principal 50 mégapixels avec stabilisation optique produit de belles images dans de bonnes conditions, mais c'est en téléphoto que le 15T Pro se démarque vraiment de ses concurrents directs.
Le Galaxy S25 FE s'en sort honorablement avec son triple capteur incluant un téléobjectif 3x et un ultra-grand-angle. La suite Galaxy AI enrichit l'expérience avec des fonctions de retouche intelligente — effacement d'objets, recadrage assisté, suggestions de composition. Solide, sans être révolutionnaire : exactement ce que l'on attend d'une Fan Edition.

Autonomie : le grand écart
C'est sans doute le chapitre où les différences sont les plus marquées. En effet, Xiaomi prend ici une avance considérable, non pas seulement grâce à sa batterie de 5500 mAh — la plus généreuse du trio —, mais surtout grâce à sa recharge HyperCharge à 90 watts. En pratique, cela signifie passer de zéro à cent pour cent en moins de quarante minutes. Pour un utilisateur pressé ou souvent en déplacement, c'est un argument décisif que ni Samsung ni Google ne peuvent contrer à ce stade.
Samsung propose une batterie de 4900 mAh avec charge à 45 watts — une progression bienvenue par rapport au modèle précédent, mais qui reste en retrait face aux standards établis par les constructeurs chinois. L'autonomie concrète tient confortablement une journée complète d'usage intensif, parfois davantage selon les usages. La charge sans fil est supportée, ce que ne propose pas Xiaomi — un détail qui compte pour les utilisateurs équipés de chargeurs à induction.
Google déçoit sur ce terrain. Avec une recharge filaire limitée à 30 watts et une charge sans fil bridée à 10 watts, le Pixel 10 accuse un retard structurel que ses autres qualités ne suffisent pas à faire oublier. Sa batterie de près de 5 000 mAh offre une journée et demie d'autonomie typique, ce qui est honorable — mais le temps de charge complet, qui dépasse l'heure en filaire, peut sembler anachronique en 2025.
Au final, lequel choisir ?
La réponse honnête est qu'il n'existe pas de mauvais choix parmi ces trois appareils — seulement des profils différents. Le Galaxy S25 FE s'adresse à l'utilisateur qui veut vivre pleinement l'écosystème Samsung, profiter de Galaxy AI et tenir dans un budget de 500 euros sans faire de croix sur le design ou les performances. C'est le choix de « la familiarité rassurante ».
Le Xiaomi 15T Pro est le téléphone des impatients et des exigeants : ceux qui veulent la meilleure fiche technique possible pour leur argent, un écran impressionnant, un zoom qui ne lâche rien et une batterie rechargée en un quart d'heure. C'est le choix de « la puissance assumée ».
Le Pixel 10, enfin, est le choix de la raison à long terme. Pas le plus spectaculaire en apparence, mais le plus intelligent dans la durée : une photo de référence, un logiciel irréprochable, une garantie de support que personne d'autre n'ose proposer. À 509 euros, c'est peut-être l'achat le plus sage du marché cette année — pour qui sait que le meilleur smartphone n'est pas forcément celui qui brille le plus fort, mais celui que l'on sera encore heureux d'utiliser dans cinq ans.