Le patron de BlackBerry réaliste, mais pas défaitiste

Par Samir Azzemou

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Lors de la conférence Re/Code de la semaine dernière, John Chen s’est prêté au jeu de l’interview. Il n’a évidemment pas nié les difficultés que rencontre actuellement BlackBerry et continue de penser que l’avenir de l’entreprise ne se jouera pas sans la division smartphones.

C’est un John Chen réaliste qui s’est présenté la semaine dernière à la Code/Conference, grand événement organisé en Californie par nos confrères de Re/code. L’entreprise va mal : « Nous avons beaucoup de problèmes, avoue-t-il. Mais elle n’est pas morte ». Des problèmes, il y en a en effet. BlackBerry perd de nombreux contrats, notamment auprès d’instances publiques, au profit d’Apple, de Samsung ou de Microsoft. Sur son dernier exercice, l’entreprise a perdu 6 milliards de dollars et sa part de marché mondial des smartphones est passée sous la barre symbolique des 1 %.

Un diagnostic vital moins bon dès le départ

Lors de cette interview, quatre points intéressants sont à relever. D’abord, John Chen explique que certaines divisions de BlackBerry étaient plus mal en point à son arrivée, en novembre 2013, qu’il ne l’avait présumé. Est-ce une façon de se dédouaner du trop lent redressement de l’entreprise ou de futurs résultats décevants ? Il confirme cependant qu’il n’abandonne pas... encore. Et que l’entreprise peut être sauvée. Mais dans quel état et dans combien de temps ?

Second point, BlackBerry ne renoncera pas à la division smartphone. Il pense que sans les téléphones, l’entreprise devrait être capable de générer de l’argent. Mais il estime qu’elle en générera plus encore avec les mobiles. Certainement parce qu’il est difficile de vendre des serveurs pour les entreprises sans la flotte de terminaux qui va avec. John Chen indique toutefois que BlackBerry devrait se spécialiser dans des segments de marché où ses technologies ont une valeur ajoutée, comme la santé (hôpitaux, cliniques, etc.) ou l’automobile. Il évoque également les marchés émergents comme le Brésil ou l'Indonésie.

Pas plus loin que la simple compatibilité avec Android

Troisième point, John Chen ne développera pas de smartphone sous Android, dans un premier temps en tout cas. Alors qu’il devrait étendre la compatibilité des applications Android avec BlackBerry OS, le patron du fabricant canadien a décidé de ne pas faire de commentaires à une question sur d’éventuels smartphones de la marque sous l’OS de Google. Il est vrai que la simple compatibilité des applications pourrait être positive, s’il était possible d’accéder au Play Store depuis un Z30, par exemple. Mais ce n’est pas le cas.

Cette compatibilité est pourtant un point capital. Car John Chen explique que compte tenu de sa part de marché, il n’est plus en mesure d’attirer les développeurs tiers, et encore moins pour créer des applications exclusives. Si son système d’exploitation n’est donc plus alimenté en nouvelles applications, il sera bien difficile de convaincre les particuliers, comme les professionnels, d’adopter un de ses smartphones. D’où l’importance de la compatibilité avec Android.

Les objets connectés : nouvel eldorado pour BlackBerry ?

Dernier point, John Chen exlique que l’un des axes de croissance de l’entreprise sera les objets connectés. Notamment le développement de technologies pour les entreprises qui créeront des objets pour les particuliers. Un modèle indirect « b-to-b-to-c » bien différent du sien aujourd’hui (qui est un mix entre b-to-b et b-to-c). Mais toutes les pistes semblent bonnes à prendre...

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