John Chen de BlackBerry : « Le Passport n’est pas un iPhone Killer »

Par Samir Azzemou

blackberry

Dans un éditorial publié sur le site de la chaîne américaine CNBC, John Chen revient sur son Passport et sur la stratégie autour de ce produit atypique. Non, il ne veut pas concurrencer l’iPhone. Il veut juste le bannir de toutes les entreprises.

Nous l’avons écrit à plusieurs reprises dans nos colonnes : le BlackBerry Passport, dont nous vous préparons le test pour la fin de la semaine, n’est pas l’arme qui fera revivre la marque canadienne. Il sera le symbole d’un renouveau dans  la capacité de l’entreprise à innover et à apporter des produits adaptés à ses utilisateurs. Le Passport est un produit pour les professionnels qui cherchent à être productifs en situation de mobilité. Et cela se vérifie aujourd’hui : John Chen, le patron désormais emblématique du constructeur, a pris la plume pour écrire un éditorial qui a été publié sur le site de chaîne américaine CNBC. Un long article qui détaille quel est le public visé par son Passport et qui explique pourquoi il ne se vendra pas à des millions d’exemplaires comme l’iPhone 6.

BlackBerry Passport

Un smartphone qui n'est pas fait pour jouer et flâner

C’est un smartphone fait pour les professionnels. Il ne s’agit donc pas d’un mobile étudié pour le grand public. Son écran est large, très large, pour afficher les informations nécessaires et suffisantes pour lire et rédiger des documents. Son clavier sensitif est complet et dispose de raccourcis dédiés à des usages professionnels. Et sa batterie est, soi-disant, généreuse. Ce sont les trois exigences de tous ceux qui travaillent occasionnellement loin de leurs bureaux. Les professionnels, les nouveaux power-users de BlackBerry, ça ne vous rappelle rien ? La même stratégie fondatrice de la marque avant le virage grand public tenté par Thorsten Heins.

Le Passport repose également sur la suite complète BlackBerry, notamment en termes de travail collaboratif et de connexion sécurisée, dépassant le cadre du Passport grâce à BlackBerry Blend, BEM et BES. Une façon de se raccrocher à la tendance sur la convergence des systèmes, sans pour autant avoir de contrepartie informatique (telle que Windows pour Windows Phone, Chrome pour Android et Mac OS pour iOS).

BlackBerry Passport et Classic

BlackBerry n'a pas envie de se mesurer à l'iPhone !

John Chen va même contre les idées reçues. Oui, le Passport offre un châssis et un écran très différent des standards actuels du marché des smartphones. Non, le Passport ne conviendra pas à tous les usagers, notamment le grand public qui apprécie de jouer avec leur iPhone. Non, BlackBerry n’est pas comme Apple à vouloir créer un smartphone qui devra convenir à tous. « Le Passport n’est pas un iPhone-Killer, et cela nous va bien », titre-t-il . Une stratégie aux antipodes de l’ambition de tous les autres constructeurs qui cherchent depuis toujours à dépasser les leaders, Apple et Samsung.

John Chen n’est cependant pas bien différent. Il explique que le Passport n’a pas besoin de se mesurer à l’iPhone, mais ne cesse d’envoyer message sur message à propos de cet ennemi à abattre qui n’est pas nommé, que ce soit sur la facilité à écrire, la sécurité des connexions ou la longévité de la batterie. En clair, le patron de BlackBerry ne veut pas se confronter à l’iPhone, car il n’en a pas (encore) les moyens. Le Passport est un symbole, une belle plate-forme technique, mais pas un produit volumique qui redressera l’entreprise. Au moins, là-dessus, il n’y a pas d’ambiguïté.

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