Google Stadia : les opérateurs peuvent lui dire merci (ou pas)

Par Samir Azzemou

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Cette semaine, Google a ouvert Stadia. Un lancement émaillé de polémiques commerciales et de problèmes techniques. Et surtout un service qui demande une bande passante considérable qui pourrait bien mettre à genou votre forfait data si couteux.

Mardi dernier, Google a déployé son service de jeu en streaming appelé Stadia. Et autant le dire, les quelques jours qui ont suivi ont davantage évoqué des problèmes et des inquiétudes que d’avis positifs. Nombre de jeux au lancement (revu à la hausse à la dernière minute). Prix du service. Précommandes annulées. Compatibilité (des Chromecast Ultra qui surchauffent au bout d’une heure de jeu). Qualité de la manette (impossible à réparer). Réaction des joueurs (et non des journalistes qui ont pu tester le service dans des conditions optimales). Et bande passante consommée.

Oh le beau forfait data... qui a disparu !

Car Stadia est gourmand, très gourmand en bande passante. Rappelons que le principe de Stadia est de faire tourner un jeu sur un serveur distant (chez Google) et de diffuser en direct le flux vidéo de la partie. C’est comme si vous regardiez une vidéo sur YouTube en continu. Si vous vous demandiez à quoi pourraient bien vous servir une connexion 5G et ces dizaines de gigaoctets de votre abonnement (dont vous ne consommez peut-être que la moitié chaque mois dans le meilleur des cas), la réponse est Stadia.

Stadia

Officiellement, le service dépense 4,5 Go à 20 Go de données par heure (10 Mb/s à 35 Mb/s), le débit réel dépendant de la qualité de la vidéo (vous atteignez les 20 Go par heure avec un jeu diffusé en 4K à 60 images par seconde). Si vous avez un forfait Orange 50 Go, vous pouvez donc jouer, depuis votre smartphone en 4G+, pendant… 10 heures par mois maximum ! Le site américain VentureBeat a publié un article à ce sujet. Un de ses journalistes a mesuré une consommation de 7 Go de données en moyenne avec Red Dead Redemption 2 en Full HD à 60 images par seconde.

Le journaliste de VentureBeat fait le parallèle avec un usage traditionnel : vous achetez Red Dead Redemption 2 et le téléchargez en local sur votre ordinateur, vous consommerez une bande passante totale de 150 Go (c’est le poids du jeu), sans compter les parties en multijoueur. Pour finir le jeu, il faut, en moyenne 47 heures. Avec Stadia, en 1080p à 60 images par seconde, vous consommeriez plus de 300 Go de données. Soit plus du double. Bien sûr, tous les jeux ne sont pas comme Red Dead Redemption 2 : certains se terminent plus vite et certains pèsent aussi beaucoup moins lourd. Mais le débit minimal du service reste à 4,5 Go par heure.

Une question de coût, mais aussi de prix !

Et ceci n’est qu’une seule polémique sur Stadia. La plus importante est certainement celle du prix du service. Les jeux, dont le nombre s’élevait finalement à 22 au lancement, sont vendus aussi chers que partout ailleurs, et certains, mais pas tous, bénéficient d’une baisse tarifaire pour les abonnés à Stadia Pro (qui coûte 10 euros par mois). Les jeux les moins chers sont vendus à 20 euros et les plus chers à 90 euros. Certains sont gratuits avec Stadia Pro (heureusement) : Destiny 2 et Samurai Showdown. C’est cher. Alors que d’autres services similaires, type PlayStation Now (accessible sur PS4 ou PC), ne coûtent que le prix de l’abonnement.

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