Le clavier issu d'Android Lollipop disparaît du Play Store

Par Samir Azzemou

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Après 800 000 téléchargements, l’application qui installait le clavier issu de la preview développeur d’Android Lollipop a été retirée du Play Store. La raison : une violation pure et simple des accords de distribution des applications. Mais le mal est déjà fait.

En début de semaine dernière, nous avons publié un article sur une nouvelle application accessible sur le Play Store. Grâce à elle, il était possible d’installer la version preview du nouveau clavier qui agrémentera Android Lollipop lors de son lancement. Le développeur de cette application, nommé Shen Ye, ne s’en cachait pas : son application s’appelait simplement « Android L Keyboard ». De plus, il confirmait la provenance de la source de son application : la version preview d’Android L dédiée aux développeurs. Nous nous étonnions alors de la simple existence de cette application sur le Play Store. Elle a été retirée hier.

Application Keyboard Android Lollipop

Violation du contrat de distribution

Le développeur a en effet posté sur son compte Google Plus une partie du mail qu’il a reçu de la firme de Mountain View suite à cette suppression, confirmant que le clavier n’est plus accessible. Selon ce mail, Shen Ye aurait commis une violation de l’accord de distribution avec les développeurs, la section 4.4 précisément. Le mail explique que Google a effectué un examen de routine sur l’application et a découvert qu’elle enfreignait cette partie du contrat. Cette section concerne les usages interdits, notamment l’exercice d’une activité « qui entrave, interrompt, endommage ou implique un accès non autorisé à des appareils, serveurs, réseaux ou autres propriétés appartenant à un tiers ». Ici, le tiers, c’est Google, et la propriété est Android L.

En 7 jours d’existence, l’application a été téléchargée près de 800 000 fois, selon Shen Ye, qui risque tout de même de voir son compte développeur fermé pour cette petite incartade. Et heureusement, l’application n’était ni dangereuse, ni payante. Les utilisateurs qui l’ont téléchargé pourront toujours en profiter, mais il n’y aura évidemment aucune mise à jour proposée. Le clavier restera donc à l’état de « beta ».

Une vérification tardive et symptomatique

Nous restons encore une fois particulièrement dubitatifs sur cette affaire. Le fait que l’application ait été validée dans un premier temps montre que le processus de mise en ligne n’est composé que d’une simple moulinette automatique qui vérifie uniquement qu’un logiciel n’est pas dangereux pour l’OS avant de la mettre en ligne. La validation n’est pas humaine. Impossible donc de vérifier qu’elle ne viole pas les termes de l’accord de distribution.

Le fait que Google ait supprimé l’application dans un second temps montre que c’est le buzz qu’elle a engendré qui a alerté les modérateurs du Play Store, pas une vérification systématique des équipes de Mountain View. Elle aurait pu continuer son petit bonhomme de chemin encore longtemps, à l’image des (trop) nombreuses applications pirates qui pullulent sur le Play Store (et l’App Store).

Et le fait qu’il a fallu 7 jours à Google pour prendre les décisions qui s’imposent montre que l’entreprise est vraiment dépassée par l’ampleur de la tâche qu’il va pourtant falloir mener : assainir la boutique applicative pour monter en qualité (et non plus en quantité).

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