Test de la Google Nexus 9 : enfin une tablette dont HTC peut être fier !

Par Samir Azzemou

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Sur LesMobiles.com, nous testons rarement les tablettes. Mais nous accordons chaque année un peu de place aux ardoises de la gamme Nexus, car elles sont des modèles de référence. Et si nous avons été déçus par la seconde Nexus 7, cette Nexus 9 de HTC est tout simplement ébouriffante.

Avec les Nexus 4, 5 et 7, Google, Asus et LG ont réussi à créer un bel effet de gamme entre les tablettes et les smartphones. Un effet aussi bien ergonomique, avec ce châssis en gomme très agréable au toucher, qu’économique. Ces plates-formes étaient quasiment toutes les meilleurs investissements possible pour les amateurs de technologies qui ne souhaitaient pas se ruiner. Seulement, après le succès considérable du Nexus 5, Google n’a pas souhaité continuer dans cette lancée. Avec les Nexus de 2014, le groupe de Mountain View a revu ses prétentions commerciales à la hausse. Le Nexus 6 est le premier smartphone de la gamme à être vendu autour des 600 euros.

Nexus 9 prise en main

Une configuration calquée sur l'iPad Air 2

La Nexus 9 de HTC, ex « Volantis », est un peu mieux lotie : 399 euros en version 16 Go WiFi, 489 euros en version 32 Go WiFi et 569 euros en version 32 Go LTE. Nous sommes loin de la Nexus 7... Et surtout, elle reprend les bases ergonomiques des anciens Nexus, notamment le Nexus 5 avec sa coque en gomme et le capteur photo rond coincé dans un coin. Plus proche donc de l’expérience Nexus que non moins excellent Nexus 6 de Motorola, également testé dans nos pages, la tablette est une très belle porte d’entrée dans l’univers de Lollipop, la dernière mouture d’Android. Voici quelques détails techniques avant de passer à la prise en main :

  • Ecran IPS QXGA (2048 x 1536) de 8,9 pouces pour une résolution de 281 pixels par pouce
  • Verre de protection Corning Gorilla 3
  • Chipset nVidia Tegra K1 doté de deux coeurs 64-bit Denver cadencés à 2,5 GHz et d’un GPU composé de 192 coeurs Kepler
  • 2 Go de mémoire vive au format LPDDR3
  • 16 ou 32 Go de stockage interne non extensibles
  • Batterie 6700 mAh non amovible
  • Capteur photo principal 8 mégapixels compatible Full HD en vidéo avec optique ouvrant à f/2.4
  • Webcam 1,6 mégapixel compatible 720p en vidéo
  • Android 5.0 Lollipop avec Google Now Launcher préinstallé
  • Compatible WiFi ac MiMo, Bluetooth 4.1, GPS, LTE (en option), NFC
  • Double haut-parleur Boomsound en façade
  • 7,95 mm d’épaisseur
  • Poids : 425 grammes (+11 grammes en version LTE)

Nexus 9 prise en main
Haut-parleurs Boomsound à l'avant : impossible de renier cette tablette, HTC !

Dans cette configuration, particulièrement proche de celle de l'iPad Air 2 d'Apple, vous remarquerez que HTC et Google ont volontairement choisi de ne pas mettre l’accent sur la photographie, ce qui se vérifiera lors de nos tests dédiés, certainement parce qu'il s'agit . Vous remarquerez aussi que HTC, à défaut d’y intégrer tous les attributs de sa gamme de smartphones (contrairement à Motorola avec le Nexus 6) est parvenu à offrir à la tablette un double haut-parleur Boomsound. Une excellente initiative. Enfin, vous remarquerez la mention du chipset : c’est la première fois que nous testons un Tegra K1 de nVidia en pleine action, qui plus est en version 64-bit. Et nous n’allions évidemment pas laisser passer cette occasion.

Tous les acquis ergonomiques de la gamme Nexus

Le design de la tablette rappelle naturellement les Nexus 5 et Nexus 7, avec un petit cachet supplémentaire. Si nous retrouvons le verre minéral renforcé à l’avant, le châssis unibody et la coque en polycarbonate avec effet gomme, HTC a également inclus un contour métallique sur les tranches afin de protéger plus encore la dalle. À l’avant, nous retrouvons un design très sobre avec un grand écran 4:3, soit celui de l’iPad et de toutes les tablettes du marché.

Nexus 9 prise en main

Autour de cet écran, des bordures assez importantes (pour un rapport écran-taille proche des 70 %), signe qu’une marge de progression est largement envisageable sur ce type de produit. D’autant que la bordure la plus large n’est pas tactile : les touches de navigation de Lollipop sont intégrées à l’interface. La webcam est au milieu de la tranche supérieure. Les deux haut-parleurs Boomsound sont larges.

C’est à l’arrière que la Nexus 9 ressemble le plus à une autre Nexus. Le logo à l’horizontale, en plein milieu. Le capteur photo dans le coin, avec son flash. Et en tout petit, en bas à côté des mentions légales, le logo du constructeur. Deux petites remarques à noter. D’abord, à aucun moment, la marque « Google » n’est évoquée. Ensuite, si vous regardez bien le capteur photo, il dépasse légèrement de la coque compte tenu de l’arrondi de cette dernière. Encore une ressemblance avec le Nexus 5 dont l’APN sortait lui aussi de moins d’un millimètre.

Nexus 9 prise en main

Comme évoqué précédemment, les tranches de la tablette sont recouvertes protégés par une pièce métallique qui offre un cachet premium supplémentaire, ce que les Nexus précédents (hors Nexus 6) ne s’étaient jamais permis. Et c’est bien dommage. Le positionnement des boutons et des ports est assez classique. Le volume et la mise en veille sont à droite. Le port jack en haut. Et le port microUSB en bas. Les modèles 4G disposent d’une trappe pour une nano-SIM, le châssis étant unibody. Ce qui sous-entend aussi qu’il n’y a ni extension de mémoire, ni batterie amovible. Pour ça aussi, cette tablette est une vraie Nexus.

Nexus 9 prise en main

Une prise en main digne de la gamme Nexus

Ergonomiquement, la tablette est simple, mais la construction est impeccable. La coque en gomme offre une excellente préhension, même si elle a tendance à s’enfoncer si vous la tenez un peu trop fort (attention aux parties ludiques si vous êtes un peu nerveux). Aussi lourde qu’un iPad Air 2, la Nexus 9 est aussi légèrement plus trapue. Le positionnement cote à côté des boutons matériels ne nous semble pas la meilleure. Il y a assez de place sur les tranches de l’appareil pour en déporter autre part. C’est bien là le seul petit reproche.

L’écran est en revanche superbe. La définition, équivalente au QHD sur un format 4:3, est bien plus digne de la gamme Nexus que l’écran Full HD de la Nexus 7 (2013) d’Asus. Très détaillé, l’affichage offre une très bonne luminosité et un très bon contraste. Les couleurs sont en revanche un peu froides, une caractéristique des écrans de HTC. Dalle IPS oblige, les angles de vision sont bien ouverts, notamment quand vous tenez la tablette à l’horizontale (à la verticale, les angles latéraux sont moins bons). Le verre Gorilla 3 de Corning offre toujours une glisse parfaite sous les doigts.

Nexus 9 prise en main

Lollipop aussi à l'aise sur mobile que sur tablette

Une fois lancée, la tablette affiche Android Lollipop avec Google Now Launcher. Ce qui se traduit par l’inclusion d’un écran dédié à Google Now à gauche du bureau. Ici, vous disposez donc d’une interface particulièrement simple, dénuée de toutes les applications tierces, qu’elles soient utiles (comme HTC Gallerie, HTC Zoe) ou parasites. Ne sont préinstallés que les outils Google : Search, Keep, Drive, Maps, Hangouts, Gmail, Play, Chrome, YouTube, Picasa et Appareil Photo. Même Google Earth et Google Fit sont là.

Nexus 9 interface Nexus 9 interface Nexus 9 interface
Ecran d'accueil, centre de notification et menu application sous Lollipop

Comme sur les « Moto » (Nexus 6 compris), les commandes vocales activables par le mot clé « OK Google » sont accessibles depuis l’accueil de l’OS. Enfin, un ersatz de Knock On est également intégré pour activer la tablette sans appuyer sur un bouton matériel. Nous ne reviendrons pas sur l’ensemble des nouveautés apportées par Lollipop, comme le nouveau centre de notification, le nouveau menu de paramétrage, les nouveaux comptes utilisateur ou encore le Material Design. Nous les avons brossées avec le Nexus 6. Sachez que le résultat est sur tablette tout aussi pertinent que sur un écran de smartphone. C’est presque à se demander à quoi servent les surcouches... Mais presque.

Nexus 9 interface Nexus 9 interface
Clavier et centre de paramétrage rapide sous Lollipop

nVidia Tegra K1 : un chipset comme nous en révions !

Nous en venons aux performances pures de la tablette. C’est certainement la partie la plus importante, car elle nous a particulièrement étonnés, autant dans le bon sens que dans le mauvais sens du terme. D’abord, le chipset Tegra K1 développe, dans sa version dual-core Denver, une puissance encore inconnue dans le monde des smartphones sous Android. Et c’est bien dommage.

Sur AnTuTu, avec prise en charge des architectures 64-bit, la Nexus 9 atteint 57 908 points. C’est un score comparable à ce que proposent les tablettes avec chipsets Intel Atom. Mais aucun composant MediaTek, Qualcomm, Samsung, Huawei et nVidia n’ont été auparavant capable de proposer un tel score. Nous n’avons, pour notre part, jamais rien enregistré de tel. Le Nexus 6, techniquement la meilleure plate-forme mobile passée entre nos mains, frôle les 50 000 points avec son Snapdragon 805. Même chose pour le MT6595 de MediaTek dans le MX4 qui n’est pas loin de dépasser cette limite.

Nexus 9 antutu Nexus 9 antutu Nexus 9 antutu
AnTuTu et 3DMark

En comparaison des scores de l’iPhone 6 (48 800 points environ), la différence est essentiellement sur la partie graphique du benchmark, avec quelques points remportés également sur la partie applicative, puisque les coeurs Denver sont cadencés bien plus rapidement que les coeurs Cyclone.

Cette différence se vérifie sur 3DMark où le Tegra K1 parvient au score de 26 227 points. Là encore, c’est un excellent score, le meilleur enregistré parmi les mobiles testés dans nos colonnes. Rares sont les plates-formes à dépasser les 20 000 points (Nexus 6, OnePlus One, Galaxy Note 4) et ce n’est jamais de plusieurs milliers de points... En revanche, grosse déception sur AnTuTu Video Test : 357 points seulement (le Note Edge atteint 492 points). Ce n’est évidemment pas dû au K1, mais à Google et Lollipop. Avare en codecs audio et vidéo, le système d’exploitation n’est parvenu à lire quasiment aucun des formats imposés.

Nexus 9 antutu video test

Une plate-forme multimédia capable de tout...

La puissance en jeu se vérifie facilement en lançant quelques jeux. Si nous avions été légèrement échaudés par le Tegra 4i du Wax 4G et du Highway 4G de Wiko, le Tegra K1 n’a absolument pas les mêmes problèmes de ralentissement. Dead Trigger 2 se lance parfaitement et choisit, de lui-même (inutile de lui imposer), les graphismes les plus fins. Et même ainsi, la Nexus 9 éprouve beaucoup de facilité. Nous avons également essayé Modern Combat 5 avec la manette C.T.R.L.R. de Mad Catz. Sensations « gamer » assurées pour une superbe expérience de jeu. Dommage que nVidia ne soit pas parvenu à convaincre Google de la pertinence de préinstaller la Tegra Zone. Notez que celle-ci est disponible sur le Play Store et compatible avec la Nexus 9...

Nexus 9 jeu
Dead Trigger 2

Côté vidéo, la tablette est excellente, à la condition de vous rendre immédiatement après l’achat sur le Play Store pour vous acheter un vrai lecteur vidéo. Plus encore que sur la Nexus 6, plus encore qu’avec Galerie d’Android « stock » (ici absent et remplacé par Picasa / Google Photo), le lecteur vidéo par défaut est exécrable. Il n’est compatible qu’avec les quelques formats les plus courants. La note mitigée obtenue au Video Test d’AnTuTu reflète bien cela. Heureusement, cela n’est qu’une question de lecteur, puisque le K1 est capable de lire les vidéos en 4K. Et le double haut-parleur Boomsound améliore encore l’effet cinémascope de cette excellente plate-forme.

Nexus 9 video
Pas de sous-titres dans cet extrait vidéo, un mauvais point

.... ou presque !

En revanche, la photo, ce n’est pas son truc. Comme nous l’avons évoqué précédemment, la configuration choisie par HTC et Google est clairement milieu / entrée de gamme. Le capteur photo de 8 mégapixels prend des photos qui ne sont pas vraiment dignes de la plate-forme, bien au contraire. Le composant ne parvient pas à régler l’exposition pour non seulement afficher les détails des rues adjacentes à l’avenue de l’Opéra, mais aussi à dessiner les nuages dans le ciel parisien. Manque de contraste, beaucoup de grain, des couleurs ternes. Bref, ce n’est pas ça.

Nexus 9 photo Nexus 9 photo
Deux clichés pris avec la Google Nexus 9

L’application photo proposée par défaut est Google Camera, que nous vous avons présenté en avril dernier. Il n’y en a aucune autre préinstallée. Plutôt minimaliste, mais également légère, elle offre quelques effets amusants (comme le bokeh ou Photo Sphere). Encore faut-il que le capteur photo suive. Ce qui n’est pas le cas.

Nexus 9 photo
Google Camera sous Lollipop

Calibré pour concurrencer frontalement l'iPad Air 2

Le Nexus 9 est une superbe tablette (si nous mettons de côté les quelques problèmes liés à la photo et le lecteur vidéo). Plus chère que la très grande majorité des tablettes du marché, elle est aussi celle qui offrira certainement la meilleure durée de vie. En comparaison des Nexus 10, 7 (2012) et 7 (2013), la Nexus 9 est, selon nous, le meilleur investissement à faire si vous souhaitez acheter une tablette sous Android.

Reste à savoir ce qu’elle vaut face à l’iPad Air 2. La star des tablettes est clairement une concurrente de taille pour la Nexus 9. Et inversement, la configuration de cette dernière étant clairement calquée sur celle de la première : configuration du chipset, APN, webcam, RAM, stockage interne, définition d’écran. Mais le modèle d’Apple coûte 500 euros en version 16 Go. Soit 100 euros de plus, à espace de stockage constant. Évidemment, le prix n’est pas le seul point de comparaison à prendre en compte, l’OS, le design et la taille d’écran étant des critères différenciant. Mais sur le papier et sans argument partisan, la Nexus 9 pourrait bien prendre la tête des débats. Ce qui est assez rare pour être noté.

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