Meizu reçoit un investissement du géant chinois Alibaba

Par Samir Azzemou

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Le marchand en ligne chinois Alibaba, aurait investi 590 millions de dollars pour s’emparer d’une partie de Meizu afin d’étendre sa visibilité en téléphonie mobile. Mais il pourrait aussi s’agir du premier pas vers un modèle proche de son homologue américain, Amazon.

Faudra-t-il bientôt dire adieu à FlymeOS ? Car cela pourrait être l’une des conséquences du rapprochement entre Meizu et Alibaba. Le groupe du célèbre entrepreneur chinois Jack Ma vient en effet d’investir 590 millions de dollars dans le capital du constructeur Meizu. Une prise de participation minoritaire, annoncée officiellement et relayée par l’agence de presse Reuters, aurait pour but d’améliorer la visibilité du marchand chinois en téléphonie mobile. Alibaba est en effet une marque forte sur le Web local, le site étant souvent comparé à Amazon. Mais contrairement à ce dernier, sa présence dans les smartphones est assez limitée. Voilà pour le discours officiel. Mais ce ne serait pas le seul, évidemment.

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Un modèle à la Amazon

Nous voyons en effet deux autres implications dans ce rapprochement. D’abord, Alibaba pourrait vouloir développer un modèle économique similaire à celui d’Amazon avec sa propre ligne de smartphones, son propre OS dérivé d’Android (lequel existe déjà, puisqu’il s’agit de YunOS), son propre système de paiement en ligne (lequel existe aussi, Alipay) et sa boutique en ligne. Bref, tout ce qu’il faut pour offrir des services, du contenu et des mobiles fabriqués par une marque dont la notoriété ne cesse d’augmenter depuis plus d’un an.

Second effet de ce rapprochement : s’appuyer sur les smartphones d’un constructeur pour développer YunOS. En effet, le système d’exploitation d’Alibaba décliné d’Android n’est aujourd’hui présent que dans très peu de smartphones. Si un partenariat entre Meizu et Alibaba a conduit les deux entreprises à préinstaller YunOS dans certains modèles de MX4 Pro et de Blue Charm, cette prise de participation pourrait systématiser la présence de cette ROM.

Meizu : le candidat idéal

Bien sûr, le choix de Meizu n’est pas un hasard. Le constructeur est déjà partenaire d’Alibaba, comme nous venons de le signaler. Meizu connaît déjà bien YunOS et l’intégration de cette brique technologique devrait donc se faire sans peine. Trois autres raisons ont certainement poussé Jack Ma à investir dès aujourd’hui dans Meizu. D’abord, le constructeur pèse encore peu sur le marché chinois (moins de 2 %). Donc, le ticket d’entrée reste encore raisonnable.

Ensuite, les chiffres de Meizu sont en constantes progressions. Sur son compte Weibo officiel, le constructeur a en effet annoncé avoir vendu 1,5 million de smartphones sur le mois de janvier, en progression de 50 % par rapport au mois précédent, grâce au lancement de la série Blue Charm (version classique et version Note) qui vient compléter les deux MX4 (version normale version Pro). Sur le dernier trimestre 2014, l’entreprise aurait commercialisé 2 millions de smartphones. Et ce n’est évidemment pas fini.

Enfin, Meizu a signé des partenariats commerciaux avec plusieurs distributeurs internationaux, notamment en France. Le constructeur est donc en mesure d’offrir une visibilité internationale à son nouveau partenaire marchand. Ce qui lui sera utile le jour où il décidera vraiment d’aller concurrencer Amazon, Google ou Apple.

Un développement international à réorganiser

En revanche, nous nous posons trois questions. D’abord que deviendra Flyme OS, la surcouche que nous connaissons bien en France, puisque les MX3 et MX4 y sont officiellement commercialisés ? Ensuite, que deviendra le partenariat entre Canonical, le créateur d’Ubuntu Touch, et Meizu ? Aujourd'hui, aucun smartphone avec Ubuntu n'a été officialisé chez Meizu, alors que le premier aurait dû être annoncé en janvier. Dernière question : les futurs smartphones sous YunOS seront-ils vendus à l'international ? Rien ne dit, par exemple, que les futurs smartphones de Meizu, largement customisés pour mettre en avant les services d’Alibaba, sortiront de Chine. D'autant qu'une certification Google, obtenue avec FlymeOS, sera ici presque impossible. Un raisonnement qui vaut aussi bien en France que dans tous les pays où Alipay n’est pas accessible.

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