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Nokia chercherait à vendre Here à des constructeurs automobiles

Par Samir Azzemou

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Depuis deux mois, les indiscrétions s’accumulent autour de la vente de la division Here de Nokia. Le constructeur finlandais aurait jeté son dévolu non pas sur des acteurs de la téléphonie ou d’Internet, mais sur les constructeurs automobiles. Notamment les groupes allemands.

Nokia Here est à vendre, c’est désormais pratiquement une certitude. Reste à savoir qui va l’acheter et à quel prix. Car les négociations semblent être compliquées, l’ambition de Nokia étant de financer sa prochaine opération de croissance externe avec le produit de cette cession. Selon l’agence de presse économique Bloomberg, le constructeur finlandais préférait que le lot revienne à des constructeurs allemands. Trois d’entre eux, et non des moindres, se seraient associés pour participer à l’enchère : Audi, filiale de Volkswagen (numéro 2 mondial), BMW et Daimler (propriétaire de Mercedes-Benz).

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Un Chinois pour ouvrir les portes de l'Asie ?

Deux autres regroupements auraient également participé. L’un implique l’application Uber, l’investisseur Apax Partners et le moteur de recherche chinois Baidu. L’autre serait composé du portail chinois Tencent, du fournisseur d’information trafic Navinfo et de fonds d’investissement. Le premier aurait cependant abandonné, car le bruit court que Nokia préfèrerait vendre à des constructeurs automobiles. Baidu aurait d’ailleurs rejoint le regroupement allemand afin de proposer une porte d’entrée sur l’Empire du Milieu. Quant à Microsoft, il serait intéressé par une participation minoritaire. En souvenir du bon vieux temps ou pour un pied de nez à Google (propriétaire de Tele Atlas) ?

Il est logique que Nokia préfère vendre Here à ces industriels, car ce sont aujourd’hui ses clients. Nokia Here, anciennement Navteq, fournit des cartes à tous les constructeurs de voitures. Ses données animent aujourd’hui plus de 8 systèmes de navigation embarqués sur 10 en Europe et aux États-Unis. Cependant, entre payer pour les services de Nokia et s’en emparer totalement, il y a un monde. Sans oublier que le secteur automobile est lui aussi en pleine mutation (taxe carbone sur les voitures, transition vers les énergies renouvelables, guerre des prix). D’où une certaine réticence à aligner les zéros sur le chèque. L’offre finale devrait être soumise à Nokia dans les jours prochains.

Une vente qui ne conditionne pas le rachat d'Alcatel-Lucent

Selon les fuites les plus courantes, Nokia chercherait à obtenir 4 milliards de dollars de cette cession, loin des 8,1 milliards de dollars dépensés pour son acquisition en 2008. Cette somme servirait à financer le rachat d’Alcatel-Lucent pour devenir l’un des plus gros (sinon le plus gros, devant Huawei) fournisseurs de matériels pour les opérateurs. L’enjeu est donc important. D’autant qu’il devra aussi financer le plan de réduction d’effectifs qui suivra très logiquement. De passage en France, notamment pour présenter son projet à l’Assemblée nationale et rassurer les partenaires sociaux, Rajeev Suri, le patron de Nokia, a indiqué que cette opération n’est pas conditionnée à la vente de Here. Reste à savoir comment il trouvera l’argent dans le cas où il conserverait le fournisseur cartographique.

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