Microsoft pourrait-il abandonner Windows 10 Mobile pour Android ?

Par Samir Azzemou

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Une nouvelle rumeur a émergé en cette toute fin juin 2015 : Microsoft pourrait signer un accord avec Google pour embrasser la cause d’Android. Elle fait suite à un rapport de la firme qui prévoit une dévaluation de sa branche smartphone.

Satya Nadella pourrait-il abandonner Windows 10 Mobile dans l'oeuf pour embrasser la cause d’Android ? Voilà une rumeur un peu folle au premier abord, lancée par un serial leaker spécialisé dans les affaires liées à Microsoft, MSFTNerd. Il explique sur Twitter que le management de Microsoft réfléchirait à un accord avec Google. D’une part, Microsoft choisit Android comme système d’exploitation pour ses futurs mobiles. Ces derniers seraient certifiés Google Play et affublés de la suite complète des applications Android de la firme de Redmond. D’autre part, Google, pour montrer patte blanche, fournirait à Windows 10 des applications natives de Maps, YouTube et Search. Cela pourrait avoir un lien avec la vente respective à Uber et à AOL d’une partie de Bing et de son activité publicité en ligne, deux transactions tout juste annoncées cette semaine.

Une rumeur qui a la vie dure

Ce n’est pas la première fois qu’une rumeur porte sur le rapprochement de Microsoft et d’Android. Quelques mois à peine après le rachat monstre de Nokia Devices & Services, certains bruits voulaient que Microsoft accélère l’adoption de son système d’exploitation en le rendant compatible avec les applications Android. Evan Blass, alias Evleaks, indiquait également que Microsoft pourrait dévoiler un Lumia sous Android. La rumeur s’est alors arrêtée là.

En début d’année 2015, nouvelles rumeurs d’un rapprochement entre Windows Phone et Windows 10 Mobile avec Android. Celle-ci s’est concrétisée par des outils de développement facilitant la conversion d’une application Android en application universelle Windows 10. Enfin, il y a Cyanogen. Microsoft aurait été, dans le courant du printemps, intéressé par racheter l’enfant terrible de la scène underground d’Android. Finalement, un accord de distribution a été signé, mais pas de rachat.

Lumia : une gamme commercialement décevante

Qu’est-ce qui a donc changé entre temps ? La gamme Lumia ne décolle pas. Pire, elle s’enlise et recule sur certains marchés, malgré une pression commerciale forte (avec des offres promotionnelles « un Lumia acheté, un Lumia offert »). Les objectifs annoncés lors du rachat de la branche grand public de Nokia ne seront pas atteints.

À l’époque, Microsoft espérait atteindre les 15 % de part de marché en 2018, avec une marge opérationnelle entre 5 et 10 %, pour un bénéfice d’exploitation de 2,3 à 4,5 milliards de dollars. Finalement, selon les propos de la directrice financière de Microsoft, la concurrence sur le marché des mobiles et l’impact des taux de change ne permettront pas à l’activité téléphonie d’être rentable en 2016. Nous ne parlons même pas de 2015...

Selon le dernier rapport trimestriel obligatoire livré au gendarme de la bourse américaine, la SEC, Microsoft indique que, compte tenu des ventes, en volume et en valeur, et les marges plus basses que prévues, la branche Lumia représente un risque financier élevé et pourrait amener à une écriture négative dans le bilan financier pour dépréciation d'actifs. Cela doit vous rappeler l’alerte financière de Sony sur sa division mobile...

Une perte nette comptable de 10 milliards de dollars

Selon le document officiel, Microsoft pourrait inscrire une nouvelle perte nette d’un montant qui s’élèverait jusqu’à 10 milliards de dollars. Ce montant se composerait à 55 % d’une survalorisation lors du rachat de Nokia Devices & Services et à 45 % d’immobilisations incorporelles. En d’autres termes, ces 10 milliards d’euros seraient liés à la valeur potentielle de l’ancienne branche du constructeur finlandais, si elle parvient à certains objectifs. Or, ce n’est pas le cas. En début d’année, le cabinet d’étude Gartner positionnait Windows Phone en troisième position des OS à 2,8 % de part de marché, en recul de 0,4 point. Selon ComScore en avril 2015, l’OS frôlait les 3 % aux États-Unis, marché domestique de Microsoft.

Nokia Devices & Services a été racheté l’année dernière pour un montant de 7,2 milliards de dollars, montant qui a ensuite été réévalué à plus de 9 milliards de dollars. Un rachat monstre qui ressemble de plus en plus à celui d’aQuantive, une agence de publicité en ligne gobée sur un coup de tête en 2007 après que la firme de Redmond ait perdu son bras de fer contre Google pour l’acquisition de Doubleclick. 5 ans après, Microsoft inscrivait dans son bilan une dépréciation d’une valeur quasiment égale à la valeur de la transaction. Cette semaine, Microsoft a vendu son activité publicitaire à AOL...

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