Vivendi prend une participation dans Gameloft

Par Samir Azzemou

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Le géant des médias Vivendi vient d’entrer au capital de deux éditeurs français : Ubi Soft et Gameloft. Le groupe détient désormais respectivement 6,6 % et 6,2 % des deux sociétés. Reste à savoir ce que le groupe compte en faire...

Vivendi est certainement l’un des groupes les plus emblématiques de la « Net Économie », cette période où la fureur pour l’économie numérique a pris un tournant dramatique en 2002. La « bulle Internet » a alors éclaté, mettant fin à de nombreux projets. Vivendi a vivoté quelques années avant de redevenir un groupe média d’envergure avec Canal Plus, Universal Music, SFR et Activision-Blizzard. Ces dernières années, le groupe semblait avoir l’intention de se recentrer sur les médias. Vivendi a en effet cédé Activision Blizzard (il n’en conserve aujourd’hui que 5,8 %) et SFR, deux actifs importants.

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Vivendi actionnaire d'Ubisoft et Gameloft

Mais cela ne semble pas l’empêcher de refaire quelques incursions dans les télécoms (avec une prise de participation minoritaire dans Telecom Italia) et dans le jeu vidéo. Le groupe annonce en effet avoir acheté deux lots d’actions dans le capital d’Ubi Soft et Gameloft, deux sociétés auparavant soeurs (la seconde étant l’ancienne filiale de la première), mais indépendantes l’une de l’autre depuis 2007. Le premier lot concerne 7,36 millions d’actions Ubisoft pour un montant de 140,3 millions d’euros. Le second lot, celui de Gameloft, représente 5,24 millions d’actions pour une valeur de 19,7 millions d’euros. Une opération financière peu coûteuse pour Vincent Bolloré, président du directoire de Vivendi. Son groupe dispose de 9 milliards d’euros en cash...

Cette nouvelle a pris évidemment de court non seulement les spéculateurs boursiers, qui voient en cette manoeuvre la première étape vers une consolidation multimédia (TV, musique, jeu), mais aussi les dirigeants des entreprises concernées. Dans un communiqué de presse laconique, Gameloft et Ubisoft ont annoncé, séparément, mais d’une même voix, ne pas vouloir renoncer à leur indépendance et qu’elles prennent note de cette participation non désirée. Officiellement, celle-ci n’est qu’un « placement de ses liquidités ». C’est sûr, Vivendi aurait pu les placer ailleurs, mais le groupe a choisi deux fleurons du jeu vidéo français (et non pas un seul), un domaine qui ne lui est pas inconnu.

Un nouvel actionnaire important

Alors que les fondateurs des deux éditeurs de jeu vidéo, la famille bretonne Guillemot, ne représentent aujourd’hui que 10 % du capital d’Ubisoft et un peu plus de 20 % de Gameloft, cela va sans dire qu’un Vincent Bolloré propriétaire d’environ 6 % (le plaçant en troisième position chez Ubi et en quatrième position chez Gameloft) n’est pas à prendre à la légère. D’autant que l’homme d’affaires, via le Groupe Bolloré, est également propriétaire d’une participation de 22,1 % dans Bigben Interactive, spécialiste de l’accessoire pour jeu vidéo. La réunion des trois fait évidemment rêver les investisseurs et les boursicoteurs.

Nous sommes évidemment curieux de voir comment pourrait s’organiser des actions communes entre Universal, Canal, Dailymotion, Ubisoft et Gameloft. Les possibilités sont nombreuses, de la simple opération commerciale, à l’exploitation multimédia d’une licence, en passant par un service combinant TV et jeu vidéo. Rappelons que Gameloft est l’un des vingt premiers éditeurs de jeu vidéo sur mobile. Parmi ses licences, nous retrouvons Modern Combat, Order & Chaos, Asphalt ou encore Dungeon Hunter.

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