Pourquoi Microsoft ne fait-il pas le ménage dans le Windows Phone Store ?

Par Samir Azzemou

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La boutique applicative de Microsoft est infestée d’applications frauduleuses. Et cela ne va pas en s’arrangeant. Un exemple flagrant : Traffic Rider. Ce jeu a été spolié et plagié une douzaine de fois. Et toutes les versions sont encore en ligne...

Il y a un non-sens flagrant avec les boutiques applicatives. Les créateurs de ses boutiques communiquent généralement sur le nombre de produits qu’elles proposent afin de justifier une certaine complétude. Pourquoi ? Parce que les consommateurs ont été habitués à cela. Pourtant rares sont ceux à installer sur leur téléphone plus d’une vingtaine d’applications. Et ce sont souvent les mêmes : Facebook, Messenger, WhatApp, Twitter, Snapchat, Instagram, Candy Crush Saga, Clash of Clans, Waze, etc. Et pourtant, ils en demandent toujours plus. Et c’est un problème pour la sécurité de Windows Phone, relevé par Windows Central.

Un jeu, 10 copies

Dans le top 10 des applications les plus téléchargées actuellement sur Android se trouve Traffic Rider. Le jeu est aujourd’hui en 9e position, devant Skype et derrière Instagram. Il s’agit d’un jeu développé par Soner Kara dans lequel vous contrôlez un biker sur une autoroute et vous devez slalomer entre les autres véhicules. Gratuit (sur un modèle freemium basé sur des achats intégrés dont le prix s’échelonne de 2 euros à 100 euros), le titre compte 1,9 million de téléchargements sur Android, avec une note moyenne de 4,7 points sur 5. Et nous ne parlons pas de la version iOS, tout aussi populaire.

Windows Phone Store

Cette application est également proposée sur le Windows Store. Elle est également gratuite avec des achats intégrés. Et c’est la seule à avoir des avis unanimement positifs parmi la douzaine de logiciels qui singent l’original. Il y a « Traffic Rider@ », « ‘Traffic.Rider », Traffiic Rider,», « Trafficc, Rider », « Tra.ffic.Rider » ou encore « Tr affic Ri der ». Les combinaisons sont infinies grâce à l’insertion de signes typographiques. La plupart ont même repris l’icône de l’application originale. Il n’y a pas de limite à la copie...

Au mieux de la publicité, au pire...

La plupart de ces applications pèsent moins de 1 Mo (alors que la véritable frôle les 90 Mo), car ces applications ne contiennent aucun jeu. Ce sont au mieux des applications publicitaires (qui affichent des bannières en plein écran) et au pire des logiciels vérolés qui ouvrent des autorisations sur le smartphone pour transmettre des informations. Comme un malware sur PC. Sauf qu’il n’y a pas d’antivirus efficace sur Windows Phone, qu’un mobile contient beaucoup d’informations personnelles et que les autorisations demandées par ces virus sont louches...

Une situation qui touche les jeux les plus populaires : en 2014, nous avons relayé une étude de McAfee qui analysait le contenu des centaines de clones de Flappy Bird présents sur l’App Store et le Play Store. Et 80 % étaient des virus. Car, bien évidemment, aucune des boutiques applicatives n’est vraiment épargnée. Mais le Windows Phone Store est particulièrement touché parce que Microsoft peine à prendre des mesures drastiques. Pourquoi ? C’est simple : effacer les clones et les virus ferait considérablement chuter le nombre de produits qui y sont présents.

Un problème de chiffres

Nous en revenons donc à notre postulat de départ : les consommateurs veulent davantage d’applications dans la boutique applicative avant d’adopter un OS. Et Microsoft, dont le système d’exploitation a considérablement reculé en 2015 sur le marché mondial de la téléphonie, a besoin d’arguments pour convaincre les usagers d’acheter des Windows Phone, même si un millier de bonnes applications devraient leur suffire. Il n’y a donc certainement pas de grand ménage de printemps dans le Windows Phone Store tant que Microsoft n’aura pas atteint un certain seuil « acceptable » (quand il est comparé à iOS et Android).

Et pourtant, Microsoft y aurait tout intérêt. D’abord parce que l’image que le Windows Phone Store renvoie n’est pas qualitative. Seconde raison, parce que le nombre d’applications dans la boutique n’est qu’un pan du problème (l’autre étant la faiblesse de la proposition matérielle). Apple a réussi à séduire alors qu’il existait davantage d’applications sous Java que sous iOS. Enfin, troisième raison, parce que les applications deviennent universelles et que le problème touchera à un moment Windows 10. Et donc les PC, les tablettes et les consoles de jeu. Et cela représente une vraie faille de sécurité.

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