Le patron de Cyanogen dément se recentrer sur les applications

Par Samir Azzemou

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Fin de semaine dernière, plusieurs médias américains révélaient que des licenciements ont eu lieu chez Cyanogen. Kirt McMaster, son patron, reconnaît officiellement l’information, mais dément un quelconque abandon de sa ROM customisée.

La semaine dernière, nous avons relayé dans nos colonnes une information émanant de plusieurs médias américains, comme Android Police et Re/code. Selon ces derniers, un plan de licenciement était en cours dans les locaux de la start-up et plusieurs bureaux internationaux vidés. Près de 20 % des équipes auraient été concernées par les suppressions de poste.

Cyanogen
Il est loin le temps de la croisade de Kirt McMaster (à droite) contre l'oppresseur Google.

Une indiscrétion de source interne expliquait également que le nouveau directeur général de l’entreprise, Lior Tal, était en charge du repositionnement de Cyanogen dont l’activité serait davantage axée sur les applications et non plus sur le système d’exploitation, dont les coûts de maintenance sont, à n’en pas douter, de plus en plus lourds à supporter à mesure que grandit le nombre de modèles sous Cyanogen OS.

Les licenciements officialisés

Quelques jours se sont écoulés depuis cette annonce et aucune information officielle n’a été publiée par Kirt McMaster ou Steve Kondik, les deux patrons de la start-up. Il leur aura certainement fallu ce temps pour choisir les mots pour exprimer leur point de vue, expliquer les licenciements, sans pour autant blesser la susceptibilité des employés remerciés et inquiéter les clients et les prospects. Ce n’est donc qu’hier que Kirt McMaster a envoyé plusieurs messages sur son compte Twitter.

Le premier confirme que les licenciements ont bien eu lieu, expliquant que la vie des start-ups et des entreprises disruptives est « brutale ». Le second message dément la réorientation présumée de Cyanogen vers les applications. C’est évidemment ce second message le plus important. Car le patron de Cyanogen souhaite réaffirmer son engagement envers le système d’exploitation qu’il développe depuis plusieurs années. Créer un Android ouvert et libre est toujours l’une de ses ambitions.

Rester une entreprise dédiée à un OS

C’est un message important pour deux raisons. D’abord, il y a les partenariats commerciaux, comme Boxer, TrueCaller et Microsoft, qu’il faut entretenir et conserver. Ils sont parmi les seules sources de revenus de l’entreprise et il s’agirait de ne pas les perdre, surtout quand l’argent vient à manquer dans les caisses. Ensuite, il y a les clients et prospects OEM avec qui l’entreprise continue de collaborer pour équiper leurs mobiles de son système d’exploitation. Il y a Wileyfox, BQ, Lenovo (Zuk) et Micromax (Yu). Il y a peut-être même encore Alcatel avec qui Cyanogen devait lancer le Hero 2+.

Or, il y a un vrai problème économique chez Cyanogen : créer un OS, c’est une chose, le maintenir durant deux ans sur une douzaine de terminaux, c’en est une autre. Pour cela, il faut des moyens humains et financiers. En congédiant une partie de ses équipes, ce sont les mises à jour, et donc la maintenance de son OS, qui sont mises en jeu. Et c’est pour cette raison que l’indiscrétion de la semaine dernière a encore du sens aujourd’hui. Car, même si Kirt McMaster souhaite rester à la tête d’une entreprise qui développe un OS, il ne pourra empêcher qu’elle devienne un éditeur d’applications monétisables. Reste à savoir quels seront les moyens alloués à cela. Et ce qu’il restera aux équipes de support.

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