Qualcomm aurait choisi TSMC pour produire sa prochaine génération de Snapdragon

Par Samir Azzemou

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Alors que Samsung vient de créer une filiale dédiée à la production de chipsets, la firme coréenne aurait perdu l’opportunité de pérenniser son activité. Selon une indiscrétion en provenance de Corée, Qualcomm aurait choisi de revenir chez TSMC pour ses prochaines réalisations.

Une étonnante rumeur a été publiée par le site Fudzilla cette semaine. Cette information porte sur Qualcomm et ses relations avec Samsung. Il ne s’agit pas de la fourniture de chipsets à la marque coréenne, mais plutôt de la situation inverse : celle où Qualcomm est le client et Samsung le fournisseur. Ce dernier se charge en effet de produire les chipsets haut de gamme du fondeur californien, les fameux Snapdragon 8XX. Samsung était déjà en charge des Snapdragon 820 et 821, gravé en 14 nm FinFET. Depuis le début de l’année, le groupe coréen se charge de produire les Snapdragon 835 avec sa technologie 10 nm FinFET.

Qualcomm

Même si Samsung a largement fait ses preuves avec les Exynos et les Apple Ax, c’est grâce à ce contrat que la firme a vu croitre considérablement son activité de fondeur pour les concepteurs « fabless » de composants (fabless voulant dire la création des chipsets sans les moyens de les produire ensuite). À tel point que Samsung a annoncé le mois dernier vouloir filialiser cette activité de production pure afin qu’elle puisse s’adresser plus directement à sa clientèle, laquelle voyait d’un mauvais oeil la concurrence de la gamme Exynos (sans parler du risque de conflit d’intérêts).

Retour à la maison

Cet isolement de la fonderie est assez logique, mais elle tombe finalement assez mal. Car Qualcomm, selon Fudzilla, aurait décidé de ne pas confier à la firme coréenne le soin de produire les futurs chipsets gravés en 7nm. L’Américain retournerait chez son prestataire historique, TSMC. Un changement qui rappelle celui d’Apple avec l’A10 Fusion. Bien sûr, cela n’aurait pas d’incidence dans un premier temps pour chaque partie, puisque la production de chipsets en 7 nm ne commencerait pas chez TSMC avant la fin de l’année (mais plutôt dans une bonne année). Samsung produira donc toujours des composants en 10 nm pour Qualcomm : le Snapdragon 835 et les éventuelles versions améliorées (on parle d’un certain Snapdragon 836).

C’est à moyen terme que l’impact va se sentir. Pour TSMC, qui va voir ses lignes de production très vite remplies avec deux consommateurs tels qu’Apple et Qualcomm. Pour Apple qui risque de devoir payer cher la priorisation de ses commandes face à Qualcomm avec qui les relations judiciaires sont tendues. Pour Qualcomm qui devra composer avec la force de persuasion d’Apple d’une part et qui devra certainement renégocier ses contrats de fourniture de chipsets pour les Galaxy. Et bien sûr pour Samsung dont la filiale devra se passer d’un client à la rentabilité très élevée (puisque Samung ne fabrique que les chipsets haut de gamme 14 nm et 10 nm pour Qualcomm).

Trop peu de Snapdragon dans les Galaxy ?

Si cela s’avère exact, nous nous demandons évidemment quelles sont les raisons qui ont poussé Qualcomm à se séparer de Samsung. Peut-être est-ce parce que justement Samsung n’est plus un assez bon client chez Qualcomm ? Les bruits de couloir affirment que le contrat sur la production des Snapdragon 820/821 incluait une clause sur un pourcentage de Galaxy équipés de composants Qualcomm. Or, nous voyons bien que le nombre de mobiles Samsung animés par un chipset Qualcomm est en décroissance : presque une trentaine en 204, une quinzaine en 2015, une douzaine en 2016 et cinq seulement en ce début 2017, tous des versions localisées de terminaux sous Exynos au niveau global. Et Samsung continuera certainement. D'autant que la firme coréenne a prouvé, avec le Galaxy S6, que l'incompatibilité avec les normes CDMA américaines appartient au passé...

L’histoire entre Samsung et Apple nous a appris que ce genre de contrat ne signe pas uniquement sur un échange commercial. Il y a certainement une raison technique (les indiscrétions en provenance de Taïwan semblent indiquer TSMC est un peu en avance sur Samsung sur la maitrise du 7 nm) ou une raison tarifaire (TSMC ayant certainement souffert de la perte de Qualcomm en 2015, suite à la débâcle du Snapdragon 810, le fondeur taïwanais pourrait avoir fait une proposition commerciale impossible à refuser). Voilà quelques pistes possibles.

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