Le fondateur de Huawei dément toute activité d’espionnage

Par Samir Azzemou

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Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, s’est exprimé auprès des médias pour plaider la cause de son entreprise que plusieurs gouvernements accusent d’espionnage pour le compte du gouvernement de Beijing.

Ren Zhengfei est un personnage qui est relativement rare dans les médias. Il s’exprime relativement peu auprès des journalistes, et encore moins à un parterre de rédacteurs étrangers. Et pourtant, il a pris la peine de s’exprimer hier auprès de journalistes (dont celui du quotidien britannique The Telegraph qui relate cette histoire) pour défendre la cause de son entreprise et pour nier toute activité d’espionnage perpétrée par Huawei.

Très peu de liens avec le gouvernement chinois

Il y dévoile ses convictions personnelles et professionnelles, lesquelles n’auraient pas d’influence l’une sur l’autre. Il y exprime son inquiétude vis-à-vis de l’entreprise qu’il a fondée. Et il se défend de recueillir des informations (personnelles, industrielles, sensibles ou autre) pour le compte du gouvernement chinois. D’ailleurs, il affirme qu’il a assez peu de contact avec le gouvernement, que ce dernier ne lui a jamais demandé de fournir des informations sensibles et qu’il refuserait catégoriquement toute demande si cela devait arriver.

Ren Zhengfei

Bien sûr, peu de contact ne veut pas dire aucun contact du tout. Et nous sommes sûrs que Huawei entretient une certaine relation avec le gouvernement chinois. Huawei soutient ce dernier dans son bras de fer contre les États-Unis (c’est peut-être d’ailleurs l’une des origines du conflit). Et inversement, le Ministère des affaires étrangères chinois s’est souvent exprimé en faveur de Huawei. Mais quel grand leader industriel local n’a aucune relation avec le gouvernement de son pays ? Donald Trump n’a-t-il pas volé au secours de Qualcomm quand ce dernier allait être racheté par Broadcom ?

Une intervention très politique

L’intervention de Ren Zhengfei, extrêmement politique pour un industriel, a trois buts. Deux sont industriels et un autre est un peu plus privé. Le premier but est lié à l’activité réseau de Huawei. La firme chinoise est l’un des leaders mondiaux (sinon le leader) des équipements télécoms. La firme est très active dans le développement de la 5G. Mais certains pays ont ouvertement indiqué leur défiance face à Huawei : les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande ou encore le Japon font partie d’une liste qui s’étend progressivement. Convaincre les autres pays que les accusations d’espionnage ne sont pas fondées est primordial.

Le deuxième but concerne les smartphones, lesquels sont peu ou pas distribués dans certains pays depuis le début de cette crise. C’est le cas des États-Unis où des opérateurs et des distributeurs auraient abandonné leurs accords commerciaux avec Huawei sous peine de représailles du gouvernement. Nous en parlions justement au lancement du Mate 10 Pro. Si Huawei est aujourd’hui numéro 2 mondial, ce n’est clairement pas grâce aux États-Unis. Mais la firme chinoise ne pourra passer devant Samsung que si elle est présente outre-Atlantique. Il faut donc convaincre le grand public et l’écosystème de la téléphonie.

Venir en aide à sa fille ?

Dernier but, cette intervention est certainement liée à la détention de Meng Wanzhou qui est non seulement la directrice financière de Huawei, mais aussi la fille de Ren Zhengfei. Elle a été arrêtée au Canada il y a deux mois et est accusée d’avoir contourné l’embargo américain sur l’Iran (comme ZTE). Redorer l’image de Huawei, en écartant l’idée que la firme chinoise s’adonne à l’espionnage, pourrait certainement plaider en sa faveur.

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