À retenir
- Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 et Snapdragon 8 Elite Gen 6 présentés par Qualcomm.
- Les puces sont gravées en 2 nanomètres et atteignent une fréquence CPU de 5 GHz.
- L'Extreme Gen 6 offre un gain de 13 % en performance CPU et une efficacité énergétique supérieure de 37 %.
- La version standard Gen 6 a un gain de 10 % en performance avec une efficacité comparable.
- Les deux puces partagent le modem 5G X105 et sont compatibles avec LPDDR5X et LPDDR6.
Comme chaque année, Qualcomm organise un sommet où il est question des nouvelles puces pour les smartphones. La marque américaine a ainsi présenté deux nouveaux Soc. Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 abandonne définitivement l'appellation « Pro » utilisée sur les générations précédentes. En effet, le fabricant américain a choisi de scinder son offre en deux plateformes distinctes plutôt que de proposer une seule puce phare.
Selon Chris Patrick, Senior Vice-Président et directeur général de la division Mobile Handsets chez Qualcomm Technologies, c’est une étape clé avec le lancement non pas d'une, mais de deux nouvelles plateformes mobiles phares, offrant des expériences d'IA agentique immédiates, personnelles et adaptatives. Il précise que cette stratégie multi-flagship doit permettre de repousser les limites du possible sur mobile tout en apportant les dernières innovations en matière d'IA à un éventail plus large d'appareils premium, en offrant aux constructeurs un plus grand choix pour façonner les capacités de la prochaine génération d'expériences mobiles intelligentes et personnalisées.
Une fréquence d’horloge impressionnante
Sur le plan du calcul, les deux puces reposent sur une configuration identique de cœurs Oryon personnalisés : deux cœurs Prime cadencés à 5,00 GHz accompagnés de six cœurs Performance grimpant jusqu'à 4,00 GHz. L'ensemble s'appuie sur 16 Mo de cache Oryon Flex, une architecture qui permet à tous les cœurs de puiser dans une mémoire partagée commune pour fluidifier les transitions entre tâches légères et lourdes.
Par rapport au Snapdragon 8 Elite Gen 5, l'Extreme Gen 6 affiche un gain de 13 % en performance CPU et une efficacité énergétique supérieure de 37 %, tandis que la version standard Gen 6 se contente d'un gain de 10 % en performance pour une efficacité comparable. Ces deux plateformes deviennent ainsi, selon le fabricant, les premières puces mobiles à franchir la barre symbolique des 5 GHz, devançant sur ce terrain les gravures 2 nm déjà commercialisées par la concurrence, à savoir l'Apple A20 Pro (installée sur les iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max) et le Samsung Exynos 2600.

Le GPU Adreno 850 et le NPU Hexagon misent sur l'intelligence artificielle
La partie graphique bénéficie également d'une refonte intéressante. Le GPU Adreno 850 conserve une architecture en trois tranches, désormais cadencées à 1,45 GHz contre 1,2 GHz sur la génération précédente. Sur l'Extreme Gen 6, Qualcomm ajoute des cœurs matriciels dédiés à l'IA ainsi que 18 Mo de mémoire Adreno haute performance, une combinaison baptisée Adreno Neural Fusion.
Selon le fabricant, cette technologie permet de fournir des graphismes intelligents pour une jouabilité plus immersive, des visuels plus riches et une autonomie prolongée, grâce à la mise à l'échelle intelligente des images et à la génération d'images intermédiaires. Cela se traduit par un gain de performance graphique de 44 % et une réduction de la consommation de 40 % par rapport au Snapdragon 8 Elite Gen 5, contre 35 % de gain pour la version standard, dépourvue de ces cœurs matriciels dédiés.
Le NPU Hexagon, de son côté, gagne un nouvel « Element Accelerator » articulé autour de douze unités scalaires, huit unités vectorielles, une unité tensorielle et une unité dédiée, avec prise en charge des précisions INT2 à INT16 ainsi que FP8 et FP16. Qualcomm annonce une progression de 35 % des performances d'intelligence artificielle sur l'Extreme Gen 6, assortie d'une mémoire partagée agrandie de 50 %, suffisante pour exécuter localement des modèles de type mélange d'experts (MoE) comptant plus de 30 milliards de paramètres.
La version Gen 6 standard se limite quant à elle à un gain de 14 % côté NPU, avec une fenêtre contextuelle portée à 32000 jetons. Selon Qualcomm, ces agents du quotidien doivent permettre des expériences plus rapides, plus personnalisées et plus fiables, capables de s'adapter aux utilisateurs tout au long de la journée.

Photo, vidéo et connectivité : l'Extreme Gen 6 en tête
C'est sur la partie imagerie que l'écart entre les deux puces se creuse le plus nettement. En effet, le processeur d'image Spectra, associé à un triple AI-ISP 20 bits, autorise une capture jusqu'à 64 mégapixels en triple capteur ou 108 mégapixels en capteur unique, avec un pic à 320 mégapixels en photo. L'Extreme Gen 6 est la première puce mobile capable d'enregistrer de la vidéo en 8K à 60 images par seconde, en plus d'un ralenti en 4K à 240 images par seconde, alors que la version standard reste plafonnée à 8K/30fps ou 4K/120fps.
Selon le fabricant, la prise en charge du format vidéo professionnel avancé APV (Advanced Professional Video) et une fonction de contrôle intelligent des pixels, nommée Intelligent Pixel Control, offrent : « une compréhension plus profonde des scènes filmées, une qualité d'image améliorée ainsi que des photos et vidéos au rendu plus naturel ».
En outre, le fabricant met également en avant un lien renforcé entre le NPU et l'ISP, capable de traiter 256 fois plus de données d'IA par pixel qu'auparavant afin d'améliorer la reconnaissance de scène et la stabilité du suivi des sujets. Seul l'Extreme Gen 6 profite en outre du décodage matériel VVC (H.266), une première sur mobile selon Qualcomm, avec jusqu'à 55 % d'économie d'énergie par rapport à un décodage logiciel classique.
Côté connectivité, les deux puces partagent le même modem 5G X105, présenté comme le premier compatible avec la norme 3GPP Release 19, capable d'atteindre 14,8 Gbps en réception et 4,2 Gbps en émission. S'y ajoutent le système FastConnect 8800 compatible Wi-Fi 8 avec un débit annoncé de 11,6Gbps, le Bluetooth 6.0, l'ultra large bande, le protocole Thread ainsi qu'une prise en charge satellite via les standards NR-NTN et NB-NTN. Sur la mémoire, là aussi, les deux puces diffèrent : le Snapdragon 8 Elite Gen 6 reste compatible LPDDR5X, tandis que l'Extreme Gen 6 devient la première puce Qualcomm à prendre en charge la norme LPDDR6, les deux plateformes s'appuyant par ailleurs sur du stockage UFS 5.0, la plus rapide à ce jour.
Des fabricants qui doivent s’en emparer
Selon Qualcomm, les appareils équipés des deux nouvelles plateformes feront leurs débuts au sein des smartphones haut de gamme des principaux constructeurs et marques mondiales. Cette liste comprend Honor, iQOO, Motorola, Nubia, OnePlus, Oppo, Redmi, RedMagic, vivo, Xiaomi et ZTE.
Le premier smartphone commercialisé avec l'une de ces puces est la famille Xiaomi 18, lancée en Chine, incluant les versions Xiaomi 18 Pro et Pro Max. Motorola a de son côté présenté son modèle ultra premium Signature 27, doté de l'Extreme Gen 6, d'un capteur périscope de 200 mégapixels et d'un système de refroidissement ArcticMesh ; sa commercialisation mondiale est annoncée pour 2026.
Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 devrait par ailleurs équiper le futur Samsung Galaxy S27 Ultra, dont le lancement est attendu au début de l'année 2027. Aucun tarif officiel des puces elles-mêmes n'a été communiqué par Qualcomm à ce stade, mais des rumeurs évoquent une hausse de prix par rapport au Snapdragon 8 Elite Gen 5, alors que les composants mémoire connaissent déjà un des tarifs croissants.