Voici le plan de bataille de Xiaomi pour s’imposer en Inde

Par Samir Azzemou

xiaomi

À l’occasion de sa venue en Inde, Hugo Barra, le vice-président international de Xiaomi, s’est entretenu avec un média local pour livrer quelques éléments sur sa stratégie pour conquérir le coeur des consommateurs indiens.

Xiaomi s’installe en Inde. Nous avons déjà évoqué l’arrivée de l’étoile montante chinoise sur ce vaste pays où des centaines de millions de consommateurs sont à équiper de smartphones. Lors d’une visite à Bangalore, pour l’ouverture de la filiale locale, Hugo Barra, le désormais célèbre vice-président international de Xiaomi, s’est entretenu avec un confrère du site Quartz. Le résultat est une longue interview bourrée de détails intéressants sur sa vision de l’Inde et de sa stratégie pour y décliner le modèle économique qui a fait de Xiaomi le premier constructeur de smartphones en Chine, et l’un des cinq premiers au rang mondial.

Xiaomi Mi4
Le Xiaomi Mi4 arrivera prochainement en Inde

Premier élément, Xiaomi s’appellera là-bas « Mi India ». Le constructeur a décidé de simplifier son nom afin de le rendre plus facilement prononçable par les Indiens. Cette filiale aura pour mission d’importer les produits du catalogue choisis pour représenter la marque localement. Les premiers sont le Redmi et le Mi3. Puis viendront le Redmi Note et le Mi4. Peut-être même la Mi TV. La filiale devra naturellement gérer la logistique depuis les usines de Foxconn jusqu’aux dépôts de Flipkart, le partenaire marchand de Xiaomi. Cela représente aujourd’hui un volume de 100 000 smartphones par semaine. Seconde mission de Mi India : créer des centres de service après-vente. Il en existe 40 en Inde, mais Xiaomi ambitionne de couvrir l’ensemble du pays. Et cela ira bien au-delà d’une simple centaine.

Une structure pour développer et commercialiser des produits

L’étape suivante de Mi India sera plus ambitieuse. La filiale indienne devra développer une plate-forme commerciale grâce à laquelle Xiaomi vendra elle-même ses smartphones sur Internet. Le but n’est pas de se débarrasser de Flipkart, qui restera un partenaire à long terme, mais de recréer les conditions qui ont mené Xiaomi à sa place de leader en Chine et à devenir le troisième commerçant online chinois. Enfin, Xiaomi compte développer une équipe locale de recherche et développement. Il s’agira essentiellement de développement logiciel, même si le manager ne ferme pas la porte à des expérimentations matérielles. Cependant, il n’y aura pas d’usines Xiaomi en Inde. De même qu’il n’en existe pas en Chine : Xiaomi passe par des sous-traitants uniquement.

L'Inde : le marché le plus important pour Xiaomi après la Chine

Dans son interview, Hugo Barra réaffirme l’importance de l’Inde dans la stratégie internationale de Xiaomi. « L’Inde est actuellement la préoccupation la plus importante de l’entreprise, après notre marché domestique », indique-t-il. Comme nous l’avons évoqué plus tôt aujourd’hui, l’Inde compte 924 millions d’abonnés à une ligne mobile, mais 71% utilisent un feature phone. Comme Microsoft, Micromax ou Samsung, Xiaomi est de ceux qui souhaitent élargir l’adoption du smartphone, et ce avec ses propres produits de préférence. Il estime que la différence avec la concurrence se fera par les terminaux, bien sûr, le prix, évidemment, mais également les services. Et Mi India a également pour mission de créer un maillage de partenaires afin de créer des services innovants pour les Indiens (comme une application universelle pour recharger un compte prépayé).

Dans ce long entretien, Hugo Barra évoque le Galaxy S3 de Samsung, l’un des smartphones dotés du plus long cycle de vente selon lui, Apple, qu’il considère comme une entreprise très loin devant ses concurrents, et OnePlus, qui a développé un «smartphone extraordinaire» . Et nous ne pouvons être que d’accord avec ces affirmations.

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