Qualcomm offre une protection antivirale à son Snapdragon 820

Par Samir Azzemou

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À défaut de voir arriver l’enfant prodige de Qualcomm, ce sont ses atours qui sont mis en avant. Après Zeroth, le fondeur lève le voile sur Smart Protect, un antivirus prédictif intégré au niveau hardware. Adieu Knox ? Pas forcément.

Au Mobile World Congress 2015, Qualcomm a présenté le Snapdragon 820 comme le premier élément d’une nouvelle génération de chipsets. Nouveaux coeurs. Nouveau GPU. Nouvelle page (pour oublier celle du Snapdragon 810). Et nouveaux services. Le fondeur californien en avait alors présenté deux : Sense ID, un lecteur d’empreinte digitale qui ne serait pas exclusif au haut de gamme Snapdragon, mais à l’ensemble de la gamme (810 compris), et Zeroth, une plate-forme logicielle avec des algorithmes adaptatifs en fonction des éléments contextuels à sa disposition.

Qualcomm

Enfin un usage concret pour Zeroth ?

Jusqu’à présent Zeroth était une boîte de Pandore. Sur le papier, la technologie est belle (Zeroth serait théoriquement capable de préparer le café avant votre réveil en fonction de vos signaux biométriques...), mais manque clairement de réalité. Si Qualcomm a multiplié les exemples (abstraits) d’usage pour nous faire comprendre l’intérêt de cette plate-forme, ce n’est que maintenant que l’entreprise arrive à concrétiser cela grâce à Smart Protect.

Smart Protect est une plate-forme antivirale comparable à celle que vous retrouvez sous Windows (comme Norton, Kaspersky, AVG ou Avast). Elle repère les programmes et les fichiers infectés pour les supprimer. Cette détection s’effectue doublement : soit par la signature électronique unique du fichier, soit par le comportement du fichier ou de l’application. Concrètement, si un logiciel téléchargé ouvre une porte dans votre système et transmet des informations personnelles sans autorisation, le logiciel antivirus perçoit cette activité, stoppe la transmission, bloque l’exécutable, le ferme et le supprime. Et cela évidemment en temps réel.

Une protection efficace, mais pas absolue

L’avantage est que Smart Protect n’a pas besoin de mises à jour très fréquentes de sa liste noire pour fonctionner (et donc pas besoin d’une liaison Internet permanente). L’inconvénient, c’est que cela demande quelques ressources. D’où l’idée de l’utiliser avec Zeroth, spécialiste de l’analyse comportementale et environnementale, et le Snapdragon 820, futur haut de gamme de Qualcomm.

Cependant, cette solution n’est pas complète : si elle bloque les fichiers à risque, elle ne peut prévenir leur arrivée dans la mémoire du mobile, à l’inverse d’un pare-feu. Et le système ne peut agir comme un coffre fort électronique. Il ne remplacera donc pas Knox, la protection de Samsung qui a fait l’objet de quelques partenariats (avec Google et BlackBerry par exemple). Notons que Qualcomm dispose lui aussi d’autres outils de sécurité pour compléter Smart Protect, comme SecureMSM ou SafeSwitch.

Une backdoor commerciale ?

En revanche, Smart Protect est certainement la première véritable solution antivirale pour Android, ce qui n’est pas un luxe compte tenu du nombre de failles et d’attaques que l’OS de Google subit quotidiennement. Voilà certainement pourquoi quelques grands noms de la sécurité informatique (AVG, Avast, Lookout) s’associent à ce lancement et annoncent son intégration à leurs prochaines applications commerciales. Quelques constructeurs auraient également acquis des licences d’exploitation. Les premiers produits compatibles ne sont pas attendus avant 2016... quand le Snapdragon 820 sera enfin disponible.

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