Facebook lance une plate-forme de développement pour la réalité augmentée

Par Samir Azzemou

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Cette semaine a lieu le F8, la conférence des développeurs de Facebook. Lors de cet événement, Mark Zuckerberg a conforté sa position vis-à-vis de la réalité augmentée. Il a présenté une nouvelle plate-forme de développement pour concevoir des services et des produits dédiés.

Il y a un an, Mark Zuckerberg tenait un discours passionnant sur la place de la réalité augmentée dans notre future vie quotidienne à l’occasion de la keynote de la conférence F8 2016. Il y expliquait comment les produits technologiques de grande consommation d’aujourd’hui pourraient devenir des services virtuels de demain, comment la proximité entre individus ne serait plus question de distance et comment notre réalité sera plus riche grâce aux technologies de l’information.

Une vie augmentée

L’histoire lui donne raison, d’une certaine manière. Google et Microsoft déployait alors les premiers produits autour de leurs plates-formes dédiées, HoloLens et Tango (avec Lenovo et Asus). Quelques mois plus tard, Tim Cook déclarait à la télévision que l’un des prochains relais de croissance serait la réalité augmentée dont les applications sont plus vastes que la réalité virtuelle. Et le monde était pris par surprise par le phénomène Pokemon Go qui s’appuie justement sur la réalité virtuelle.

Facebook F8
Dans cette scène, la télé et le jeu d'échecs sont virtuels. Mais le coussin pourrait le devenir aussi...

Dans son discours de l’année dernière, Mark Zuckerberg allait très loin dans sa vision du futur. Il expliquait comment notre télévision d’aujourd’hui se transformerait en simple objet virtuel à acheter ou à louer dans un magasin dédié. De même pour notre jeu d’échecs, nos tableaux ou nos cadres photo. Et, par extension, bien d’autres activités, comme des galeries d’art qui deviendraient augmentées... Bref, tout ce qu’il faut regarder pour l’apprécier. Cette année, le patron de Facebook réitère sa position : l’avenir sera augmenté. Et cela commence maintenant. Reste à savoir quel médium servira à augmenter la réalité.

Démocratiser grâce au smartphone...

Puisque les lunettes comme Google Glass ne sont pas encore démocratisées, cela passera donc par le smartphone. Et plus précisément par le capteur photo du smartphone. A l’occasion de la keynote d’ouverture du F8 2017, qui a lieu actuellement sur la Côte ouest américaine, Mark Zuckerberg a présenté une plate-forme de développement pour créer des contenus en réalité augmentée. Des contenus qui répondront aux trois usages identifiés de cette technologie : amélioration de l’existant, apport d’informations et interaction avec des objets virtuels. Les premiers contenus seront essentiellement des filtres « à la Snapchat » appelés Face Filters. Dès aujourd’hui, les développeurs pourront proposer les leurs.

Lors de cette keynote, nous avons appris que Facebook est, à l’image de Google, particulièrement focalisée sur l’intelligence artificielle, non pas dans le but de créer un nouvel assistant (car Facebook M existe déjà), mais dans l’interprétation des images en temps réel. La technologie de Facebook s’appelle SLAM (acronyme anglais pour localisation et modélisation synchronisées) : elle calcule les dimensions et les profondeurs, interprète les éléments d’une scène (notamment les personnes) et localise ceux qui serviront de base à la réalité augmentée. La scène des poissons qui saute d’un bol de céréales est l’exemple parfait.

... en attendant de vraies lunettes augmentées

Selon le patron de Facebook, la réalité augmentée fera partie de nos vies quotidiennes dans 10 ans. D’ici là, il y a de nombreux défis. Et celui des contenus n’est que le moindre. Car le support qui affichera ces informations en surimpression en sera un d’autant plus grand, surtout après l’échec de Google Glass. Et celui de la connectivité pour rapatrier les informations nécessaires en est un aussi. Oui, il nous faudra des lunettes. Et il faudra que certaines soient abordables pour que l’usage soit démocratique (comme la téléphonie).

Mais non nous n’abandonnerons pas notre téléphone, contrairement à ce que de nombreux observateurs affirment dans d’autres médias. Car c’est le téléphone qui assurera la connectivité, pas les lunettes qui auront déjà fort à faire. Et d’ici à ce que les lunettes soient en mesure de se connecter seules (tout en conservant une certaine autonomie), le form factor du téléphone aura changé. Ce ne sera plus un smartphone, son écran étant devenu inutile. Ce sera peut-être un bracelet intelligent avec un écran en réalité augmentée, qui sait ?

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