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Spotify porte plainte contre Apple pour pratique anticoncurrentielle

Par Samir Azzemou

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Cette semaine, Spotify annonce avoir porté plainte contre Apple auprès de la Commission européenne. Le grief : pratique anticoncurrentielle sur l’App Store. La firme explique sa démarche et affirme que son combat n’est pas (que) financier.

Difficile de créer des règles quand il y a un « conflit d’intérêts ». Explication : le concepteur d’un système d’exploitation pour ordinateur ou pour tablette crée des règles d’accessibilité que doivent respecter les fabricants de matériels et les développeurs d’application. C’est le « middleman ». Or, si ce concepteur de système d’exploitation est aussi le concurrent des fabricants ou des développeurs. Deux exemples. Le premier est Microsoft. Quand la firme de Redmond est devenue le premier fabricant de Windows Phone, la concurrence a rapidement abandonné le système d’exploitation face à un Microsoft omniprésent.

Spotify

Deuxième exemple en lien avec l’actualité : Apple. Apple développe iOS, ainsi que tout l’écosystème qui permet aux iPhone et aux iPad de fonctionner. Ici pas de concurrence matérielle, puisque la firme se garde bien de proposer son OS à d’autres. En revanche, côté applications, le positionnement n’est pas le même. Car Apple opère l’App Store où sont proposés les services de développeurs tiers, mais également les siens. Le cas le plus parlant est Apple Music. Mais il y en aura bientôt d’autres, puisqu’un concurrent de Netflix devrait également voir le jour avant la fin du printemps.

L'App Store : passage obligé pour les développeurs (mais pas pour Apple)

Sur l’App Store, Apple a édicté des règles : sécurité, protection, paiement, ergonomie, etc. Des règles qui peuvent changer et qui ont beaucoup changé avec le temps, notamment sur les moyens de paiement autorisés : aujourd'hui Apple refuse catégoriquement tout autre paiement que celui qui passe par son service. Les applications sont soumises à validation chez Apple, même celles des concurrents, puis postées sur les étals électroniques de la boutique applicative, seule façon pour les usagers d’acheter et d’installer de nouvelles fonctionnalités. Ce service d’intermédiation (et de paiement), Apple le facture à hauteur de 30 % du chiffre d’affaires généré. Ce pourcentage est communément appelé « Apple Tax ».

Cette taxe concerne la vente d’application (lors du téléchargement), les achats intégrés et les abonnements. Apple annonce chaque année à la WWDC des chiffres dithyrambiques de sommes reversées aux développeurs. Imaginez que cela ne représente que 70 % des paiements réalisés sur l’App Store. Et évidemment, soit on se soumet, soit on est banni. Amazon ou Netflix ont fait le choix d’empêcher leurs clients d’acheter des biens via leurs applications (Kindle dans le cas de la boutique en ligne). Certains privilégiés ne sont pas soumis. Le cas d’Uber est cité, par exemple. Mais ces cas sont extrêmement rares.

Plainte pour pratique anticoncurrentielle

Nous en revenons à l’actualité : Spotify attaque Apple en justice pour pratique anticoncurrentielle. Spotify propose sur iPhone son application de streaming musical, laquelle est concurrente d’Apple Music (et anciennement d’iTunes Radio). La firme suédoise explique que les règles de l’App Store entravent la concurrence sur le marché des iPhone et des iPad. Elle affirme qu’Apple oblige les développeurs à adopter le système de paiement intégré à l’App Store et supprime les applications qui passent outre cette obligation (ou font la promotion d’un système de paiement tiers). Elle affirme également qu’Apple Music, qui est préinstallé sur l’iPhone et l’iPad, n’est pas soumis à cette taxe. Ce qui est déloyal.

Dans son message posté sur le blog officiel de Spotify, Daniel Ek, patron du service de streaming, explique qu’il ne s’agit pas d’une plainte pour soutirer de l’argent à Apple, mais d’une procédure pour que les règles soient les mêmes pour tout le monde. Sous-entendue, la taxe Apple doit s’appliquer à tous, même à Apple. Ou, plus simplement, Spotify demande à ce que si Apple Music n’est pas soumise à la taxe des 30 %, la concurrence puisse obtenir le choix du moyen de paiement (dont ceux qui ne passent pas par l’App Store).

Porte-étendard de la lutte contre les GAFAM

La demande de Spotify est légitime, car il paraît déloyal qu’Apple Music ne soit pas taxé à 30 % sur l’App Store, alors que tous les concurrents le sont. Mais c’est un combat qui sera complexe à gagner, car l’un des piliers du modèle économique à long terme d’Apple repose justement sur les biens dématérialisés, dont l’App Store. On touche un peu au coeur du problème d'être fournisseur et concurrent. Et ce n’est donc pas un hasard si Spotify s’adresse à la Comission européenne qui semble être le symbole d’une lutte contre les abus de position dominante, les impôts impayés dans la zone européenne et une certaine « oligarchie » des GAFAM. Rappelons que la Commission avait épinglé Microsoft à propos de l'installation par défaut d'Internet Explorer dans Windows.

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