Samsung pourrait externaliser 20 % de ses Galaxy A en 2020

Par Samir Azzemou

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En 2018, Samsung a présenté son premier smartphone entièrement externalisé : le Galaxy A6s. Une expérience qui semble positive puisqu’une fuite affirme que la firme coréenne pourrait commander 60 millions de mobiles à des ODM en 2020.

Encore récemment, Samsung pouvait s’enorgueillir d’être l’une des seules marques au monde à produire l’ensemble de ses smartphones dans ses usines en propre. Mais la concurrence chinoise a tout fait basculer. Les prix des téléphones ont fondu. Et Samsung ne peut pas toujours proposer des téléphones à très bas prix, même en réorganisant ses lignes de production. La firme coréenne avait alors deux options : abandonner les segments ultra low cost ou s’appuyer sur un prestataire externe.

Un choix économique

Samsung a opté en 2018 pour le second choix et a signé un accord avec un ODM chinois qui prend en charge l’achat et la production de certains téléphones. Un choix qui n’a pas été si difficile, puisque Samsung externalise déjà certaines tablettes low cost. Les rumeurs affirment que le fameux prestataire est Wingtech, lequel fabrique aussi des terminaux pour Huawei, Oppo et Xiaomi. Grâce à des volumes de commande considérables, Wingtech peut acquérir une pièce détachée jusqu’à 30 % moins cher que Samsung.

Samsung Galaxy A6s

Le premier mobile de Samsung à avoir été fabriqué en externe est le Galaxy A6s. En 2018, Samsung aurait confié 3 % de ses smartphones à des prestataires, un chiffre qui devrait monter à 8 % en 2019 selon l’institut d’étude IHS Markit. Et ce partenariat devrait monter en puissance l’année prochaine. Selon un article de Reuters, Samsung pourrait externaliser jusqu’à 60 millions de ses smartphones en 2020, sur un total de 300 millions d’unités distribuées par la marque. Wingtech serait l’un de ses prestataires, mais pas le seul.

Destinés aux marchés émergents

Les smartphones produits par des ODM chinois pour le compte de Samsung ne seraient pas destinés aux marchés chinois, américains ou européens. Les mobiles seraient vendus dans les pays d’Asie du Sud Est et en Amérique du Sud, deux zones où Samsung a considérablement progressé en part de marché cette année, suite aux problèmes rencontrés par Huawei cette année. Samsung souhaiterait donc conforter cette bonne tendance avec des produits dont les tarifs sont comparables à ceux de la concurrence chinoise.

Cette stratégie est à double tranchant, selon les analystes interrogés par Reuters. Car, en externalisant une partie de son catalogue, Samsung prend le risque de voir la qualité des produits se dégrader sur les segments concernés. Samsung se défend contre cette perspective, affirmant que ses équipes pilotent le développement des mobiles. Cependant, rien ne peut confirmer que le cahier des charges sera respecté de bout en bout quand l’usine ne lui appartient pas. Après les affaires Galaxy Note 7 et Galaxy Fold, la qualité est un sujet délicat pour Samsung, qui ne peut risquer de voir son image de marque écornée à nouveau.

Un équilibre complexe

Autre point soulevé par cette stratégie : le risque de voir passer chez les concurrents certains secrets. En effet, les ODM comme Wingtech travaillent pour plusieurs marques. Et certaines technologies développées pour une marque sont très rapidement exploitées pour d’autres. C’est ce qui explique que le Nova 4 de Huawei ressemblait si fortement au Galaxy A8s de Samsung. Toute la difficulté est donc d’exploiter suffisamment le service pour que cela rapporte, mais pas trop pour que cela ne bénéficie pas les concurrents.

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