Honor est une marque qui innove et l’a récemment prouvé avec un smartphone totalement inédit. Baptisé Robot Phone, il doit sa notoriété à un module photographique totalement novateur : une caméra dissimulée au sommet du châssis, fixée à l'extrémité d'un bras en alliage de titane. Une fois déployé en 0,8 seconde selon le fabricant, ce bras peut pivoter sur 360 degrés, s'incliner selon plusieurs axes et suivre automatiquement un sujet en mouvement, un peu à la manière d'un petit robot articulé.
Honor revendique un système à quatre degrés de liberté, présenté comme le plus compact de l'industrie, avec une stabilisation certifiée CIPA 5.5. Le moteur qui anime ce mécanisme ne pèserait que 2,6 grammes, un gabarit 65 % plus réduit que les solutions classiques tout en délivrant 35 % de force supplémentaire à taille équivalente. Le bras loge un capteur principal de 200 mégapixels ouvrant à f/1,6, avec une focale équivalente à 23 mm.
Deux modules fixes sont présents pour compléter l'ensemble : un ultra grand-angle de 50 mégapixels et un téléobjectif périscopique, également crédité de 200 mégapixels et d'un zoom optique 3x selon plusieurs fuites. Le traitement d'image repose sur une puce maison, baptisée Honor Yuguang H1, chargée d'accélérer les rendus photo et vidéo. Deux modes créatifs, Super Steady et SpinShot, permettent respectivement de stabiliser les prises de vue en mouvement et de réaliser des rotations pilotées à 90 ou 180 degrés, sans que l'utilisateur ait besoin de manipuler physiquement l'appareil.

Un partenariat avec Arri pour une image cinématographique
Pour peaufiner le rendu de ses vidéos, Honor s'est associé au fabricant allemand Arri, référence historique du cinéma dont les caméras ont accompagné de nombreuses productions récompensées. Selon la marque, cette collaboration permet au téléphone d’être véritablement à la pointe. Ainsi, il intègre un encodage Log-C ainsi que des profils de couleur personnalisables (LUT), habituellement réservés aux tournages professionnels, afin de faciliter l'étalonnage après le tournage.

Sur le plan technique, le Robot Phone repose sur un écran plat de 6,4 pouces en définition 1,5K, entouré de bordures particulièrement fines, avec une fréquence de rafraîchissement de 120 Hz d'après plusieurs sources concordantes. Le smartphone serait animé par la puce Snapdragon 8 Elite Gen 5 de Qualcomm, le même étage de performance que l'on retrouve chez des concurrents comme le Xiaomi 17 Ultra.
La batterie annoncée aura une capacité de 6000 mAh, une capacité honorable mais inférieure à celle de certains rivaux qui dépassent désormais les 7000 mAh. La charge filaire atteindrait 120 watts, une vitesse validée par la certification chinoise 3C obtenue ce mois-ci.
Deux configurations sont prévues : 12 Go de mémoire vive associés à 512 Go de stockage, ou une version plus généreuse combinant 16 Go de RAM et 1 To d'espace de stockage. Le tout tourne sous Android 16, habillé par la surcouche MagicOS 10 de Honor.
Un lancement calculé face aux Pixel 11 de Google
La date choisie par Honor n'est pas anodine. Le 12 août correspond précisément au jour où Google doit présenter sa nouvelle gamme Pixel 11, accompagnée de la Pixel Watch 5. En officialisant son Robot Phone au même moment, la marque chinoise, coutumière des communications offensives, semble vouloir capter une partie de l'attention médiatique dédiée à son concurrent américain.
Cependant, le pari reste risqué : les Pixel misent sur une réputation solide en photographie et en intelligence artificielle, tandis que le Robot Phone demeure un produit de niche dont la diffusion s'annonce restreinte. Honor ne représenterait que 3 % du marché européen en 2025, loin derrière Apple ou Samsung. L'appareil pourrait néanmoins illustrer une montée en gamme de la marque, à l'image du partenariat avec Arri déjà évoqué. Sur le segment ultra premium visé par ce modèle, la concurrence est dense : le Samsung Galaxy S26 Ultra, le futur iPhone Fold ou encore le Samsung Galaxy Z Fold8 se positionnent sur des tranches de prix comparables. Le PDG de Honor, Li Jian, a évoqué un « lancement mondial », même si, pour l'instant, aucune date n’est confirmée hors de Chine.