Le financement participatif : plus d’encadrement pour plus de confiance ?

Par Samir Azzemou

Partager

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Viadeo
  • RSS
indiegogo

De nombreux projets naissent sur Kickstarter et Indiegogo. Des smartphones. Des montres. Des accessoires. Si le plus bel exemple est celui de Pebble, d’autres histoires sont moins reluisantes. Une situation qui pourrait amener certains changements dans le système.

L’histoire de Pebble est certainement le parfait exemple d’une campagne de financement participatif qui a insufflé l’élan initial pour créer une entreprise innovante. Un projet de montre connectée, la première dans son genre, arrive sur la plate-forme. Les créateurs demandent aux Internautes 100 000 dollars pour produire un premier lot de montres. Elle en récolte 100 fois plus : 10 millions de dollars. Deux ans plus tard, Pebble est l’une des références des montres connectées et l’entreprise a lancé la campagne de financement de son nouveau modèle, Pebble Time.

Pebble Time
Pebble Time : LA success story du financement participatif

Nous avons recensé plusieurs projets similaires dans nos colonnes : que ce soit Saygus V2, le Light Phone, le dock Andromium, le Pressy, le Nexpaq, le Boss Phone, le Wondercube ou le Smarty Ring. Les plates-formes de financement participatif pullulent d’idées nouvelles et de projets farfelus. Selon une étude citée par le Wall Street Journal, le montant récolté en 2014 par celles-ci dépasse les 16 milliards de dollars, soit 2,5 fois plus que l’année précédente. Or tous les projets ne sont pas aussi solides. Et quelques arnaques sont possibles. La preuve en est : la commission fédérale américaine chargée du commerce, la toute-puissante FTC, a porté plainte contre un créateur de projet pour fraude et abus de confiance.

Arnaqué sur Kickstarter

Il s’appelle Erik Chevalier. Il habite Portland dans l’Oregon. Et il a présenté un projet de jeu de plateau (type Monopoly) reprenant l’ambiance fantastique de l’auteur H.P. Lovecraft mélangé à celui de la prohibition américaine. Son nom : Le châtiment d’Atlantic City. Le porteur du projet a lancé sa campagne en mai 2012 et a récolté 122 000 dollars (auprès de 1246 personnes). Après plusieurs mises à jour évasives et une disparition des radars, Erik Chevalier déclare sur la page de son projet qu’il l’abandonne après avoir dépensé une grande partie de l’argent, soi-disant dans le projet. Les conditions générales d’utilisation de Kickstarter sont alors simples : la plate-forme ne se mêle pas des conflits entre les créateurs et les usagers.

Une plainte a évidemment été déposée et prise en charge par la commission fédérale. Durant l’enquête, il s’avère que le porteur du projet a dépensé l’argent pour des raisons personnelles ou sur un projet annexe, mais pas sur celui pour lequel la somme lui a été apportée. Dans un article du Washington Post, les artistes ayant créé le concept et étant censés travailler avec lui n’ont jamais rien reçus. L’affaire s’est soldée cette semaine par un accord entre la FTC et Erik Chevalier qui devra rembourser chaque centime à tous les participants de la campagne. La dette, d’une valeur légèrement supérieure à 110 000 dollars, est suspendue pour insolvabilité.

Une affaire qui porte atteinte au financement participatif

Évidemment, cette affaire a attiré l’attention des autorités américaines, notamment celles censées protéger les consommateurs. Des règles pourraient même être imposées. Mais cela pourrait commencer par une prise de position plus franche de la part d’Indiegogo et Kickstarter (les deux leaders dans le domaine). Aujourd’hui, les deux plates-formes affirment être à l’affut des escroqueries, même si les risques qu’une campagne frauduleuse parvienne à son terme sont assez faibles, tout en refusant d’être un intermédiaire en cas de conflit. Mais cela sera-t-il suffisant ? Certainement pas. Cette affaire montre que le risque existe bel et bien et que le remboursement des sommes engagées n’est pas immédiat. Le risque ?  Que cela réduise la confiance des Internautes, rendant de plus en plus difficile de voir émerger de belles histoires comme Pebble. Et ce n’est ni bon pour Kickstater et Indiegogo, ni pour les projets indépendants.

Partagez cet article

  • LinkedIn
comments powered by Disqus

Touchez pour ajouter le site à vos favoris ou sur votre écran d’accueil.