Google prendrait-il enfin la réalité virtuelle au sérieux ?

Par Samir Azzemou

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Il y a deux ans, Google s’amusait de l’engouement pour la réalité virtuelle et augmentée avec son casque Cardboard, une boîte en carton bigrement intelligente. Visiblement, cette année, Google prendra le sujet au sérieux en confiant Cardboard à une équipe dédiée.

Nous connaissons le PlayStation VR de Sony, le Vive Pre de HTC, HoloLens chez Microsoft, le Samsung VR et le Rift d’Occulus / Facebook. Ce sont tous des exemples de casque de réalité virtuelle ou de réalité augmentée, un domaine qui semble être au coeur de toutes les attentions ces derniers mois. Cependant, l’un des acteurs qui sembleraient théoriquement les plus intéressés par la réalité virtuelle n’a pas montré de réelles ambitions sur le sujet ces deux dernières années : Google.

Carboard V2
Google Carboard V2

Pourtant, en 2014, le groupe de Mountain View a laissé entendre que la réalité virtuelle pouvait l’intéresser. D’abord il a lancé Cardboard, un étonnant bout de carton qui se transforme en casque de réalité virtuelle. Ce dernier continue d’être commercialisé et de faire l’objet de nouvelles applications. Au Google I/O 2015, la firme annonçait une seconde mouture, 500 applications compatibles et un partenariat avec YouTube et GoPro pour créer des films à 360°. Mais cela en restait là. Ensuite, l’entreprise a investi dans une entreprise dédiée à la réalité virtuelle et à la réalité augmentée : Magic Leap. Il semblait alors évident que cela ne s’arrêterait pas là.

Une équipe dédiée à la réalité virtuelle

Il aura fallu finalement attendre presque deux ans avant de voir poindre un début de stratégie dans le domaine. Selon nos confrères de Re/Code qui ont reçu une confirmation officielle, Sundar Pichai aurait réalisé quelques changements dans l’attribution des produits qui laissent entendre qu’une équipe dédiée va être mise sur pied. Clay Bavor, le vice-président en charge du développement d’une poignée d’applications (Gmail, Drive et Docs) et de Cardboard sera désormais dédié au casque en carton. Ce dernier a d’ailleurs changé son titre sur les réseaux sociaux : il est désormais vice-président réalité virtuelle. Les applications citées précédemment sont désormais sous la houlette de Diane Green, une experte des logiciels professionnels récemment recrutée par Sundar Pichai en tant que vice-président senior.

Clay Bavor est le responsable de Cardboard depuis son lancement au Google I/O 2014. Et selon des sources internes citées par Re/Code, il travaille davantage sur ce sujet depuis un an que sur ses autres projets. Il semble que les différentes annonces faites par Facebook, Sony, HTC ou même Samsung aient provoqué un déclic chez Clay Bavor et, par extension, chez Sundar Pichai qui lui a donc accordé une équipe. Inutile cependant d’attendre rapidement des nouveautés concrètes sur ce sujet avant un an ou deux, si ce n’est pour présenter une nouvelle version du Cardboard (laquelle pourrait être officialisée au Google I/O 2016). Car, même si la firme de Mountain View est capable de débloquer beaucoup d’argent, il faudra surtout du temps.

Un projet déjà complexe

Du temps parce que plusieurs projets au sein de l’écosystème Google sont concernés par la réalité virtuelle ou augmentée. D’abord Magic Leap, l’entreprise dans laquelle Google a placé de l’argent en 2014. Cette société développe une technologie « magique » qui semble avoir un lien avec la réalité virtuelle, mais pas uniquement. Mais cette technologie n’est pas encore prête. Ensuite, il y a Tango, la plate-forme de numérisation en temps réel de l’environnement proche. Ce projet du département ATAP a fait l’objet d’une présentation en marge du CES. Google s’est associé avec Lenovo (après avoir accueilli LG) pour créer un produit grand public. Mais les applications seront logiquement liées à la réalité virtuelle. Le lien paraît évident.

Et enfin il y a Glass. Les lunettes connectées de Google font l’objet d’un repositionnement depuis maintenant un an. Un projet particulièrement obscur mené par Tony Fadell (le patron de Nest) et Ivy Ross, experte du marketing recrutée pour commercialiser la première génération de Glass. L’été dernier, six mois après l’arrêt du développement de Glass, les rumeurs expliquaient que la seconde génération de Glass était sur le point d’arrivée sur les têtes de professionnels. Mais pas de produits grand public à l’horizon, compte tenu de l’accueil mitigé que les lunettes ont suscité. L’expérience de Glass sera donc certainement utile à Clay Bavor.

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