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Le rachat de Motorola par Lenovo est finalisé

Par Samir Azzemou

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Sans véritable surprise, les différentes autorités de la concurrence ont approuvé le rachat de Motorola par Lenovo. L’équipementier américain passe sous pavillon chinois, après 10 mois d’attente et le lancement de plusieurs smartphones particulièrement intéressants. Avec Motorola, Lenovo affirme devenir le numéro 3 au niveau mondial.

Le timing semble être vraiment excellent. Peut-être même trop. Le lendemain de l’officialisation du Droid Turbo avec Verizon et quelques jours après les excellents retours sur les précommandes du Nexus 6 (lequel s’est retrouvé en rupture en une heure environ), Motorola et Lenovo ont annoncé que le rachat du premier par le second était enfin finalisé. Aujourd’hui, l’équipementier passe donc de pavillon américain à chinois et sort du giron de Google. Motorola est désormais «a Lenovo Company».

Lenovo
De gauche à droite : Liu Jun, le patron de la division mobilité chez Lenovo, Yang Yanqing, le PDG de Lenovo, et Rick Osterloh, l'actuel PDG de Motorola

Lenovo : numéro 3 mondial des constructeurs de smartphone ?

Voilà une très belle opération pour Lenovo, à rapprocher de l’acquisition de la branche grand public d’IBM il y a plus de 10 ans, propulsant le géant chinois parmi les premiers fabricants de PC dans le monde, marché qu’il domine nettement depuis. Car, avec Motorola, dont les parts de marché se sont renforcées depuis un an (avec les Moto X, G, E et leurs différentes déclinaisons), Lenovo passe en troisième position mondiale des constructeurs de smartphones, devant Xiaomi, Huawei et LG, et derrière Samsung et Apple. Ensemble, les deux entités espèrent vendre 100 millions de smartphones sur 2014.

Le rachat de Motorola comprend toute l’activité smartphones et objets connectés. L’ensemble des Moto restent donc la propriété de Motorola, ainsi que la gamme Droid développée avec Verizon, sans oublier quelques centaines de brevets technologiques. Lenovo conservera logiquement la très grande majorité des 3500 employés de Motorola, dont les 2800 salariés américains. Le groupe chinois confirme que sa filiale conservera son siège à Chicago, dans l’Illinois. Quant à Rick Osterloh, l’actuel président et directeur général de Motorola, il restera (au moins temporairement à ses fonctions). Il sera chapeauté par Liu Jun, le président de la division mobilité de Lenovo qui devient président du conseil d’administration de Motorola.

Google devient actionnaire de Lenovo

L’acquisition sera payée par Lenovo sous une forme mixte, en numéraire pour 660 millions de dollars et en émission d’actions nouvelles pour une valeur de 750 millions de dollars. Google devient ainsi actionnaire de Lenovo à hauteur de 4,7 %. Voilà un détail intéressant qui pourrait créer un lien entre la firme de Mountain View et la nouvelle maison-mère de Motorola. Les 1,5 milliard de dollars restants seront acquittés dans les trois années à venir sous forme numéraire.

Sans oublier que Motorola est toujours déficitaire, ce qui augmentera le prix de la fusion. Lenovo promet que sa nouvelle filiale sera de nouveau à l’équilibre dans les 4 à 6 trimestres. Cela passera-t-il par un plan de départ ? Certainement un peu... Mais Lenovo compte surtout sur la présence de Motorola dans les pays émergents, comme le Brésil et l’Inde où le constructeur est très bien implanté. Reste à savoir comment les deux entreprises vont fonctionner ensemble dans les marchés plus matures, comme l’Europe ou les États-Unis. Car pour devenir numéro 2, il va falloir en vendre des smartphones.

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