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Huawei voudrait délier ses branches smartphones et équipement réseau

Par Samir Azzemou

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À l’occasion d’une interview accordée en début de semaine, Ren Zhengfei, patron de Huawei, explique qu’il pourrait s’associer à un partenaire pour vendre ses équipements 5G. Ce partenaire serait occident, afin de contourner toute critique.

Depuis la fin du mois d’avril, Huawei fait l’objet d’un embargo des États-Unis l’empêchant d’acheter des technologies d’origine (même partiellement) américaine. Cela comprend aussi bien les technologies matérielles que logicielles. Comprenez donc les modems, les chipsets, les divers contrôleurs pour l’écran ou la batterie, ainsi que les applications propriétaires de Google (mais pas Android, puisque le système est open source), dont le Play Store et tous les connecteurs associés.

Un blocage qui devient très long

Cet embargo, allégé pour garantir le support technique des produits existants (un allégement qui a été prolongé fin août pour une période de 90 jours supplémentaires), aurait dû prendre partiellement fin il y a quelques semaines quand les États-Unis ont proposé d’émettre des licences commerciales pour les entreprises américaines qui souhaitent reprendre leurs échanges avec Huawei (si ces échanges « ne mettent pas en danger la sécurité des États-Unis »).

Huawei

Or, ces licences mettent beaucoup de temps à être émises. La complexité des dossiers et la tension des relations entre la Chine et les États-Unis font qu’aucune entreprise américaine (parmi les 130 dossiers déposés fin août) n’a encore reçu la permission de vendre des produits au groupe chinois. Et cela pourrait avoir une conséquence critique sur les prochains smartphones à venir chez Huawei et Honor. Selon des indiscrétions récentes (et crédibles), les Mate 30 et le Mate X pourraient ne pas être certifié Google. Et donc ne pas disposer de l’ensemble des technologies liées au Play Store, à Search, à Chrome et bien d’autres choses nécessaires au bon fonctionnement des applications usuelles.

Les chiffres de certaines études montrent que Huawei enregistre une forte baisse des ventes de smartphones en Europe au deuxième trimestre. Et il n’y a aucune raison que cette tendance se soit inversée au troisième trimestre. Une situation qui inquiète donc les analystes financiers, les fournisseurs de Huawei, mais aussi les dirigeants de la firme. D’autant plus que la branche smartphone, qui aurait dû devenir numéro 1 mondial l’année prochaine, n’est pas celle qui a provoqué l’embargo initial. C’est la branche dédiée aux équipements réseau, accusée à plusieurs reprises par les États-Unis de créer des systèmes où le gouvernement chinois peut s’infiltrer et espionner.

Et si les équipements 5G n'étaient plus gérés par Huawei ?

Serait-il possible de décorréler les deux activités ? Huawei semble y réfléchir. Dans une interview accordée en début de semaine au journal économique britannique The Economist, Ren Zhengfei, fondateur et président de l’ensemble du groupe Huawei, a indiqué qu’il cherchait un partenaire pour son activité 5G. Comprenez les équipements réseaux 5G destinés aux opérateurs. L’idée ne serait pas de vendre l’activité purement et simplement, parce qu’elle génère un profit considérable. Le partenaire qui s’associerait avec Huawei serait chargé de produire et vendre des équipements réseau 5G à partir de technologies et de brevets appartenant toujours à Huawei. Un peu comme Nokia qui a vendu une licence d’exploitation de sa marque et de ses brevets à  HMD Global.

La transaction commerciale serait très étonnante. Ren Zhengfei explique que le partenaire devra débourser une certaine somme d’argent pour acquérir l’activité commerciale, ainsi qu’un accès, sans limite de temps et avec autorisation de modification, aux connaissances techniques de Huawei : brevets, licences d’exploitation, plans de montage, code source et compétence de production. Ainsi, le partenaire pourrait modifier les codes source et ainsi supprimer des éventuelles (et hypothétiques) portes dérobées. Huawei continuerait naturellement de développer des technologies pour la 5G, ainsi que pour toutes les autres générations de réseau mobile. Et le partenaire y aurait tout autant accès. Enfin, ce serait au partenaire, non-soumi à un embargo, d'acheter les composants pour les serveurs.

Cherche partenaire particulier

Dernière information importante quant à cet hypothétique partenariat : Huawei chercherait à s’associer à une entreprise occidentale. Le but de ce choix est évidemment de démontrer que ce partenaire n’aura aucun lien avec le gouvernement chinois (ni même avec la direction de Huawei) et de lever toute suspicion d’espionnage ou de contrôle vis-à-vis des équipements réseau que cette société fournira. Huawei espère ainsi débloquer la situation avec les Etats-Unis et reprendre une activité commerciale normale. Mais cela sera-t-il suffisant pour sortir le groupe Huawei de la liste noire américaine ? Pas sûr.

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