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Le futur Beats Music d'Apple sous l'oeil attentif du régulateur américain

Par Samir Azzemou

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Deux instances américaines étudieraient actuellement le lancement du nouveau Beats Music. Elles auraient entamé des discussions pour évaluer le risque anticoncurrentiel qu’il représente. Et cela pourrait remettre en cause son lancement prochain.

Depuis le rachat de Beats Electronics (Beats Audio et Beats Music) par Apple il y a un an, toute l’industrie du streaming (iTunes Radio compris) se demande à quel jeu joue Tim Cook. Car la firme de Cupertino est assez puissante pour discuter assez librement avec les majors (afin de garantir quelques exclusivités comme le dernier album de U2) et pour proposer un service non seulement économique (les rumeurs parlent de 8 euros par mois au lieu des 10 habituels), mais parfaitement intégré à son OS mobile, laissant peu d’arguments à la concurrence. Et c’est justement pour garantir une libre concurrence que le régulateur américain a décidé de se mêler de ce lancement.

Beats Music
Le nouveau Beats Music était attendu à la WWDC 2015. Est-ce encore le cas ?

Les instances fédérales et judiciaires américaines sur le pied de guerre

Selon le New York Post, le département américain de la Justice et la commission fédérale chargée du commerce se serait emparés du dossier. Ils conduiraient actuellement une enquête auprès des acteurs du marché de la musique dématérialisée, à commencer par les majors de la musique et les diffuseurs. Le contenu des accords passés avec Apple aurait été réclamé par le procureur général de New York, Eric Schneiderman. Si l’accord est jugé trop favorisant pour Apple et Beats Music, ce dernier pourrait les dénoncer pour pratique anticoncurrentielle.

Pourquoi ? Les craintes des instances américaines seraient qu’Apple pousse les majors à ne plus accepter de confier leurs catalogues aux diffuseurs en streaming qui s’appuient sur le modèle freemium (un accès réduit, mais gratuit et un abonnement complet et payant). Des diffuseurs comme Spotify, Deezer, mais aussi YouTube. Jimmy Iovine, en charge du développement chez Apple du nouveau Beats Music, n’a jamais été fan du freemium, souhaite lancer une offre entièrement payante (quid évidemment d’iTunes Radio) et compterait donc sur la puissance d’Apple pour museler la concurrence gratuite. Et ça, c’est évidemment interdit.

Un combat qui n'est pas gagné d'avance pour Apple

Nous n’en sommes évidemment pas là. Mais cette affaire est à rapprocher de deux autres événements qui nous amènent à réfléchir sur l’éventualité d’une remise en cause des accords passés entre Apple et les majors. D’abord, Apple a également eu un accrochage récent avec le département de la Justice. Apple a en effet été jugé de coupable de pratique anticoncurrentielle et d’entente illicite avec les éditeurs littéraires pour fixer les prix des livres électroniques. Même si Apple a fait appel, il y a donc un précédent.

Ensuite, la commission européenne sur la libre concurrence, homologue de la FTC de notre côté de l’Atlantique, a également saisi le dossier il y a quelques jours pour des recherches similaires. Le fait que deux instances gouvernementales s’en mêlent montre de possibles difficultés légales pour Apple. La menace n’est donc pas uniquement aux États-Unis, mais sur deux territoires. D’ailleurs, la synchronisation des deux actions semble trop parfaite pour être un simple concours de circonstances.

Retarder, voire bloquer l'arrivée d'Apple

Selon une source du New York Post, les adversaires d’Apple auraient judicieusement soufflé l’idée à quelques oreilles très à l’écoute. L’idée est évidemment de placer Apple dans une situation judiciaire et administrative assez complexe pour redonner du poids à cette concurrence qui doit, elle aussi, négocier le renouvellement des licences d’exploitation des catalogues des majors. Si Cupertino n’est plus là pour soutenir le modèle premium, cela serait plus facile d’apposer une signature.

Il y a deux semaines, nous rapportions dans nos colonnes qu’Universal Music souhaite imposer à Spotify la limitation de son service gratuit. Et le renouvellement des accords est dans la balance. Évidemment, chacun campe sur ses positions, chacun pesant lourd dans l’activité de l’autre. Impossible de ne pas faire le lien avec cette nouvelle affaire. Reste à savoir si cette manoeuvre aura une incidence sur Universal Music, sur Beats Music. Elle aura certainement un impact sur le marché du streaming en général.

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