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Nintendo s'associe à un studio japonais de jeux mobiles

Par Samir Azzemou

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Sommes-nous à la veille d’une véritable révolution (dans tous les sens du terme) chez Nintendo ? Après des années d’invectives contre les smartphones, le géant du jeu vidéo a signé un accord de partenariat avec DeNA, l’un des spécialistes japonais des applications ludiques sur mobile. Un accord qui ne concerne pas que la production de jeu vidéo...

Au fur et à mesure des mois, nous avons vu Satoru Iwata, le grand patron de Nintendo, retourner progressivement sa chemise. Il a commencé par les manches en indiquant que produire des applications marketing sur mobile pour donner de la visibilité à ses consoles serait une bonne idée. Il a continué avec le col en affirmant que, finalement, il se verrait bien investir sur ce segment tout en déposant des brevets pour cela. Aujourd’hui, nous apprenons que toute la chemise et même le pantalon y sont passés : Nintendo a signé un partenariat avec DeNA, un éditeur nippon spécialisé dans les jeux sur smartphones. Nous vous avons présenté il y a quelques semaines Transformers Battle Tactics, l’une de ses dernières créations.

Des jeux originaux et un Club Nintendo dédié

Un partenariat qui est à double sens. Bien sûr, l’un des volets du cet accord concerne le développement de nouveaux jeux pour le compte de Nintendo. Des applications pour les « terminaux intelligents ». Comprenez les tablettes et les smartphones. Les systèmes d’exploitation visés n’ont pas été indiqués, mais Android et iOS sont évidemment les premiers concernés. À cela s’ajoutera également un nouveau réseau social de jeu conçu spécifiquement pour créer un lien entre les jeux et entre les joueurs. Cela aura certainement un lien avec un système de points premium à collecter.

D’autant que Nintendo et DeNA indiquent que ce nouveau système de membre sera accessible depuis smartphone, PC et consoles. Il y aura donc des ponts (échanges de points, coupons bonus offerts pour l’achat de jeux sur console, etc.). Reste à savoir jusqu’où iront ces ponts. Les Amiibo (les figurines NFC commercialisées par Nintendo depuis l’année dernière) seront-ils incorporés ? Des jeux consoles seront-ils connectables ? Et surtout, y aura-t-il des jeux communs ?

Des pont avec l'univers consoles, mais jusqu'à quel point ?

Nintendo et DeNA assurent qu’aucune production précédente, sortie sur consoles portables ou de salon, ne sera déclinée sur ces nouvelles plates-formes. Cela veut dire que ce sont des jeux inédits qui seront le fruit de ce partenariat, pour des gameplays adaptés aux plates-formes (et certainement aux habitudes des joueurs). Les jeux consoles n’iront donc pas sur smartphone. Mais le contraire n’est cependant pas à exclure...

Certaines licences et certains personnages de l’univers de Nintendo seront exploités pour créer ces jeux. Le communiqué de presse précise que toutes les licences de l’éditeur nippon seront susceptibles d’être choisies, même si Nintendo ne s’avance sur aucun d’eux. Nous pensons naturellement à Mario, Wario, Donkey Kong, Zelda ou les Pokemon. Mais cela comprend aussi Pikmin, Starfox, Yoshi, Metroid, Fire Emblem, Kid Ikarus, F-Zero ou Punch Out. Tous sont potentiellement concernés pour des univers, des approches commerciales et des publics très différents les uns des autres.

Plus qu'une simple plate-forme marketing

À l’image des déclarations précédentes de Satoru Iwata, le jeu mobile servira naturellement à promouvoir la richesse du jeu vidéo sur les consoles. Une sorte de fenêtre marketing où les joueurs pourront découvrir une facette de Mario, Luigi, Wario ou Link, les autres étant réservés aux consoles. Même si le partenariat, dans son aspect ludique, semble être plus ambitieux qu’une simple plate-forme de promotion, cette vision montre bien que Nintendo n’est pas encore prêt à ouvrir son eShop sur smartphones, loin de là. Mais cela sera un très bon complément (autant en terme de visibilité, de jouabilité et de revenus) au business-modèle traditionnel que Nintendo ne veut absolument pas lâcher.

Nintendo investisseur dans la mobilité

C’est peut-être d’ailleurs cette frilosité qui a poussé Nintendo à entrer (mais pas trop) au capital de DeNA. Car, deuxième volet du partenariat, le géant japonais est désormais actionnaire de DeNA à hauteur de 10 %. Cette frilosité va dans les deux sens. Nintendo ne veut pas s’investir pleinement dans la mobilité (d’où les 10 % seulement), mais ne souhaite pas non plus confier à un étranger ses précieuses licences (d’où la prise de participation).

La transaction s’est effectuée intégralement par échange d’actions entre les deux entreprises pour un montant de 22 milliards de yens (170 millions d’euros). La somme sera déboursée le 2 avril prochain, soit après la clôture des comptes de l’exercice en cours. Il y a comme un aveu de protectionnisme (pour éviter d’impacter un exercice qui n’a pas été contaminé par le smartphone impur) et en même temps une envie de commencer à partir d’une feuille blanche.

Les premiers jeux impacteront le prochain exercice fiscal

Et c’est peut-être ce que dira Satoru Iwata en avril, quand il devra présenter les comptes de son entreprise aux analystes financiers et autres actionnaires. Car l’exercice 2014/2015 (clos au 31 mars prochain) n’a pas été bon pour Nintendo qui a publié plusieurs alertes sur ses résultats, lesquels montraient un recul des ventes de plus de 10 % entre avril et décembre. Il y aura donc un risque de défiance de la part des marchés boursiers. Satoru Iwata devra donc être rassurant : « l’année prochaine, Nintendo sera sur téléphone mobile et cela sera profitable aux consoles », assurera-t-il certainement, répondant à une demande de certains investisseurs. Espérons qu’il ait raison.

Beaucoup de questions restent encore en suspens. Et il faudra attendre de longs mois avant de voir débarquer les premiers fruits de cette alliance certainement historique. Aucune date de lancement n’a été dévoilée pour le premier jeu mais le service lié aux joueurs ouvrira ses portes durant l’automne 2015 (selon les premières prévisions). Il serait étonnant qu’il arrive seul : Nintendo n’a jamais lancé une console sans jeux associés. Quelle sera la première licence adaptée ? Nous misons évidemment sur Mario ou les Pokemon. Les paris sont ouverts.

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