Google travaillerait lui aussi sur ses propres batteries

Par Samir Azzemou

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Les laboratoires Google X fourmillent de projets en tout genre. L’un d’eux serait consacré à l’élaboration de nouvelles batteries qui apporteraient l’énergie nécessaire à ces nombreux projets : voitures, lunettes, smartphones modulaires, etc.

Quel est le point commun entre Ara, Loon, Glass, Smart Lens et Tango ? Outre le fait qu’il s’agit de projets internes à Google (développés par Google X ou ATAP), ils fonctionnent tous sur batterie. Et justement, les batteries sont un sujet de recherche récurrent. Nous évoquons régulièrement les projets développés par les chercheurs et les équipes universitaires. Pas plus tard que la semaine dernière, nous évoquions par exemple une batterie où le lithium, le matériau utilisé dans toutes les batteries actuellement, est remplacé par de l’aluminium. Et les avantages sont nombreux.

Nous savons également que les groupes industriels s’intéressent à ces questions. Dyson a investi en début d'année 15 millions de dollars dans une entreprise qui développe de nouvelles solutions de batterie. Et une entreprise a récemment porté plainte contre Apple parce que ce dernier débauche ces spécialistes en batterie rechargeable. Le but, certainement, créer une batterie plus efficace pour les iPhone, iPad et Watch. Et Apple n’est pas le seul à débaucher chez les autres.

Google X s'intéresse aux batteries solides

Un article du Wall Street Journal daté de vendredi dernier explique que Google a engagé en 2012 un expert en batterie auparavant employé chez Apple : le docteur Ramesh Bhardwaj. Intégré à l’équipe de Google X, ce dernier avait alors pour mission de tester les batteries des fabricants spécialisés pour choisir celles qui intègreront ses produits. Un an plus tard, Google lui demandait d’étudier non plus les batteries, mais les technologies qui soutiennent les batteries. Et ce n’est pas un hasard si, la même année, Larry Page affirmait à des analystes financiers que les sources d’énergie des appareils nomades seraient l’un des plus grands enjeux pour offrir des « expériences nouvelles et meilleures ».

Ramesh Bhardwaj travaillerait donc actuellement sur un projet de batterie Lithium-Ion qui n’utiliserait plus de liquide comme électrolyte, mais un matériau solide (un procédé également développé par Sakti, l'entreprise partenaire de Dyson). L’un des problèmes des modèles actuels est l’instabilité du procédé actuel : si l’enveloppe de protection est percée ou chauffée, il y a un risque de fuite, de brûlure ou d’explosion. Des accidents qui ont toujours alimenté les rubriques faits divers.

Si tous les composants sont solides, il n’y a plus de fuite possible. Surtout, elle est plus solide et plus efficace. Il serait même possible d’en produire dans différentes formes et différents matériaux. D'où l'importance pour les produits nomades en tout genre. Lors d’une conférence qui a eu lieu en début d'année, le scientifique affirmait même que de telles batteries pourraient être implantées dans le corps. Les débouchés médicaux sont immenses.

Une attitude plus volontaire de la part de Google

Ce projet, mené en relation avec AllCell Technologies, est très différent de l’ancienne attitude de Google vis-à-vis des batteries. Jusqu’ici, Google travaillait avec d’autres groupes high-tech (Apple, Tesla, IBM, etc.) pour améliorer les technologies actuelles, sans pour autant prendre parti. Ici, c’est tout le contraire. Plus encore, à l’image d’Apple avec les batteries, les écrans ou les semi-conducteurs, Google souhaite s’affranchir des sous-traitants et créer ses propres technologies qui répondraient à ses propres besoins (et pour ne rien gâcher à ceux des autres à qui il vendrait une licence d’exploitation).

Pour rappel, voici une présentation des différents projets cités plus haut et concernés par le développement de nouvelles batteries. Ara est le smartphone modulaire qui devrait être commercialisé dès cette année. Glass est la paire de lunettes interactives dont le concept a dû faire l’objet en fin d’année dernière d’une réorientation. Smart Lens est une lentille de contact intelligente capable de mesurer le taux de sucre dans les larmes. Tango est un smartphone (ou une tablette, les deux existent) capable de modéliser son environnement en temps réel. Et Loon est un réseau de ballons stratosphériques offrant de la connectivité Internet aux zones blanches.

Nous aurions également pu évoquer les projets de drones et de voitures autonomes. Le Wall Street Journal indique qu’il existe une vingtaine de projets chez Google qui dépendent de batteries comme source d’énergie. D’où l’importance des travaux réalisés ici.

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