Même sans Google, Huawei est sûr de passer numéro 1 mondial

Par Samir Azzemou

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À l’occasion d’une interview télévisée, le patron de Huawei affirme que sa firme passera en première place du marché mondial des smartphones, même si l’embargo des États-Unis n’est pas levé. Et même si les applications Google lui font défaut.

Huawei sera numéro 1 mondial même si l’embargo est maintenu. L’auteur de cette déclaration est Ren Zhengfei, le grand patron de Huawei. À l’occasion d’une interview accordée à nos confrères américains de CNN, le dirigeant s’est montré confiant vis-à-vis de son objectif et de sa capacité de croissance, même si la situation avec les États-Unis ne s’améliore que peu ou prou. Il confirme son engagement de passer devant Samsung. « Cela prendra juste un peu plus de temps », ajoute-t-il.

Un réseau de fournisseurs alternatifs

Il ajoute qu’il travaille actuellement sur la mise en place d’un plan alternatif, comprenant évidemment le système d’exploitation présenté plus tôt cette année, Harmony OS (dont la boutique applicative compte 45 000 applications, bien loin des 2,8 millions présentes dans le Play Store). Il explique qu’il a développé un réseau de fournisseurs alternatifs qui lui permettent de palier au manque de certaines technologies américaines et dont il espère deviendront des alternatives crédibles pour tout l’écosystème électronique.  

Huawei Mate 30 Pro

Alors qu’elle se voyait au sommet du marché des smartphones, la firme chinoise subit depuis le printemps dernier un embargo sur les produits technologiques d’origine américaine. Nous en avons largement parlé dans nos colonnes tout au long de l’été, car la crainte la plus importante concernait Google : si Android est un système d’exploitation open source que tout un chacun peut manipuler et installer à loisir, certaines briques technologiques restent propriétaires, notamment le Play Store.

Le problème du Play Store très délicat

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, tous les services Google ne sont pas visibles. Il existe aussi tous les connecteurs qui permettent de fonctionner avec le reste du système d’exploitation, ou avec des services externes, comme Google Maps, Google Play Protect ou Google Pay.

Si Huawei a encore la possibilité de mettre à jour ses terminaux « pré-embargo » (grâce à une autorisation spéciale qui a été, pour la deuxième fois, prolongée de trois mois en novembre), les nouveaux modèles, eux, ne peuvent plus être certifiés par Google et intégrer la suite Google Mobile Services dont fait parti le Play Store. Tout le monde avait alors en ligne de mire le Mate 30 (et ses déclinaisons).

Un test grandeur nature en Espagne

Mais la situation n’évoluant guère (ou pas assez vite), ce que tout le monde a craint s’est finalement confirmé : pas de services Google dans le Mate 30. Et plus largement, Huawei comble l’absence de nouveautés en occident avec de vieux modèles recyclés, comme l’Enjoy 10 Plus transformé en Honor 9X diminué. Cependant, malgré cette situation, Huawei a présenté des chiffres en progression au troisième trimestre 2019. La firme a réussi durant les 10 premiers mois de 2019 à vendre autant de smartphones que durant les 12 mois de 2018.

Bien sûr, cette hausse est due à la Chine, puisque Huawei recule en Occident, dont en Europe et en Amérique du Sud. Dans ces pays, Huawei espère parvenir à convaincre dans un avenir proche les consommateurs de lui faire confiance, même sans les services Google. Huawei a notamment lancé le Mate 30 Pro en Espagne, certainement pour voir comment le public réagit.

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